La PME ligérienne va exploiter, d’ici cet été, une unité pilote de tri automatisé des textiles usagés. Elle doit permettre de mettre au point un process efficient de tri afin de répondre à la complexité du recyclage de milliards de vêtements aux couleurs et compositions hétérogènes.
704.834 tonnes de textiles (vêtements, linge de maison et chaussures) ont été mises sur le marché en 2021 en France, représentant 2.765 millions de vêtements et chaussures (soit +3% par rapport à 2020), selon les derniers chiffres de l'Ademe.
Cela représente un peu plus de dix kilos par an et par habitant. Après une année de chute brutale du nombre de vêtements et chaussures vendus en 2020 (685 tonnes), pour cause de Covid, la consommation de vêtements est repartie à la hausse et devrait dépasser rapidement son niveau de 2019 (792,6 tonnes).
Plusieurs défis
De son côté, avec près de 46.000 points d'apport volontaire, le taux de collecte des textiles usagés (c'est-à-dire la proportion du volume de textile mis sur le marché qui est détournée des ordures ménagères) progresse également : 33% en 2021 (contre 28% en 2020 et 31% en 2021) mais reste loin des objectifs de la filière (50% en 2021, 60% en 2028 fixés en novembre 2022 par le nouveau cahier des charges donné par l'État à la filière REP textile). Le challenge de la collecte est donc encore bien loin d'être relevé.
Mais à celui-ci s'en ajoute un second... peut-être encore plus ardu : celui de la revalorisation. En 2021, toujours selon le dernier bilan de l'Ademe, sur les 153.000 tonnes triées, 86.483 tonnes ont été réutilisées, 50.983 tonnes ont été recyclées, 1.394 ont été utilisées pour produire de l'énergie (CSR), 1.034 ont été utilisées comme combustibles, 142 ont été incinérées et 451 ont été enfouies.
Avec une problématique dont la filière commence à percevoir les enjeux : une part très importante des textiles collectés en France sont destinés au grand export. Plus de la moitié, selon François-Marie Grau, délégué général de la fédération de prêt-à-porter féminin. Pour des dons à des populations moins dotées que les Français ou pour être démantelés sur place. « Cela semble une solution pratique et efficace, mais cela soulève des questions éthiques et environnementales » pointe ainsi le délégué général, soulignant notamment l'impact carbone important de ces voyages du textile à travers le monde, mais aussi l'impact potentiellement négatif de cette abondance de textiles à bas prix pour les populations locales, les privant de la possibilité de développer une industrie locale. Sans compter l'exportation de ces textiles en fin de vie dans des pays qui ne sont pas dotés de filières de recyclage. « Les images des décharges du Kenya ou des plages du Ghana sont là pour en témoigner », regrette ainsi François-Marie Grau.
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