Son métier d'origine, c'est styliste. Un métier qui lui fait porter un regard aiguisé sur le monde de la mode et du textile : « En voyageant, j'ai pu observer les impacts de la fast-fashion, notamment au Bangladesh où j'ai vu l'impact de l'industrie textile sur l'environnement et le social. J'ai eu envie de travailler différemment et de changer l'industrie de la mode en retrouvant du sens. Lors d'une action de dépollution avec une association environnementale dont je suis bénévole, nous avons récupéré dix tonnes de filets de pêche ».
L'idée est née ainsi : réduire l'impact des déchets marins sur l'environnement en recyclant des filets de pêche usagés en textile écoresponsable. L'idée n'est pas nouvelle, d'autres ayant déjà commencer à l'explorer. Mais pour s'approvisionner, l'entrepreneuse n'a presque qu'à tendre la main dans les eaux bleues de la Méditerranée, dont SAO Textile rappelle qu'elle est « l'une des plus polluées au monde selon un rapport de WWF en 2018 : à eux-seuls, les 640.000 tonnes de filets de pêche perdus en mer ou rejetés chaque année au fond des océans (800 tonnes pour la France) représentent plus de 10% de la pollution plastique sous-marine ». En fin de vie, les filets de pêche, dérivés du plastique et dont la durée de dégradation est estimée à plusieurs centaines d'années, deviennent des déchets destinés à être enfouis ou incinérés.