C'est une première à l'échelle industrielle : du verre issu de panneaux photovoltaïques en fin de vie va être utilisé pour la fabrication de verre plat, ce verre destiné principalement aux secteurs du bâtiment et de l'automobile. La start-up industrielle grenobloise Rosi, spécialisée dans le recyclage de matières premières issue des panneaux solaires, va en effet fournir du calcin de verre photovoltaïque au Belge AGC Glass Europe (13.000 salariés ; 100 sites en Europe), l'un des leaders européens de la production de verre plat.
Certes, en matière de décarbonation, Saint-Gobain avait grillé la priorité à tous ses concurrents internationaux en se lançant en 2022 pendant une semaine dans une production pilote de 2.000 tonnes de verre plat présenté comme « zéro carbone » (grâce à un calcin 100% issu de verre recyclé et une énergie exclusivement verte), puis en maintenant un certain leadership avec une gamme bas carbone, intégrant plus de 70% de verre recyclé. Mais le géant français des matériaux de construction s'appuie essentiellement sur du verre recyclé issu des vitrages. Avec un défi majeur : collecter suffisamment de matière première pour répondre à ses besoins.
« Avec la mise en place de la REP (Responsabilité Élargie du Producteur), la situation va évoluer mais aujourd'hui, la production de verre plat intègre encore peu de verre recyclé. Cela s'explique par la faiblesse de la collecte de ce type de verre, mais aussi par le niveau de qualité exigé par le verre plat, on ne peut pas utiliser n'importe quel source de recyclage. Aucun industriel n'avait encore intégré du verre issu de panneaux photovoltaïques », explique Antoine Chalaux, directeur général de Rosi Solar.
Pour le dirigeant de la start-up iséroise, le verre issu de panneaux photovoltaïques constitue pourtant une source intéressante de verre recyclé. Rien qu'en France, on estime en effet que 250.000 panneaux environ arriveront en fin de vie en 2030. Constat partagé donc par AGC Glass Europe, mais qui a nécessité plusieurs mois de R&D.