Face au destockage massif des panneaux solaires chinois, Heliup choisit de grandir vite
Stéphanie Gallo Triouleyre
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La spin-off du CEA-Liten, créée en 2022 et positionnée spécifiquement sur les panneaux légers pour les charpentes métalliques, s'est engouffrée dans la voie de l'accélération de la cadence de production.
Heliup
Heliup investit cinq millions d’euros en Isère pour construire sa première ligne industrielle d’assemblage de panneaux photovoltaïques légers, destinés aux charpentes métalliques. Dans un contexte où les acteurs européens sont chahutés par l’hyper présence asiatique, la start-up savoyarde fait le choix de la montée rapide en cadence.
Atteindre rapidement une taille critique ou (probablement) disparaitre du paysage faute d'optimisation industrielle suffisante. C'est ainsi que Yannick Veschetti, le président de la start-up savoyarde Heliup, résume l'équation à laquelle il est confronté.
Le tout, dans un contexte de submersion du marché européen par le déstockage actuel des panneaux chinois qui a conduit à une pression extrêmement forte sur les prix ces derniers mois avec une division des prix par deux.
Avec à la clé, des morts : la dernière en date étant la nantaise Systovi (filiale du groupe Cetih) qui vient de mettre la clé sous la porte.
Dans cet environnement, la spin-off du CEA-Liten créée en 2022 et positionnée spécifiquement sur les panneaux légers pour les charpentes métalliques, s'est engouffrée dans la voie de l'accélération de la cadence de production.
Une ligne de 100 MWc dès septembre 2024, 1 GWc en 2026
Après une première ligne pilote capable de produire 500 panneaux par mois au Bourget-du-Lac (73), elle annonce un investissement de cinq millions d'euros dans une première ligne de production industrielle. Un investissement financé notamment grâce à la levée de fonds de dix millions d'euros opéré à l'automne dernier auprès de Starquest Capital, EIT InnoEnergy, BNP Paribas Développement et le groupe IDEC.
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Cette première ligne industrielle prendra place à Cheylas, en Isère, au sein de l'Actiparc Sillon alpin. La production sera lancée en septembre avec une montée en cadence graduelle.
En vitesse de croisière, cette ligne permettra de produire 500.000 m² de panneaux solaires par an, soit 100 MWc, ce qui correspond à la consommation annuelle de quelque 45.000 foyers. De 25 salariés actuellement, l'entreprise devrait passer à un effectif de 40 personnes à la fin de l'année puis une centaine l'année prochaine.
Dès 2025, un chiffre d'affaires de 15 à 20 millions d'euros est annoncé, assurant la rentabilité d'Heliup. Celle-ci est positionnée comme un assembleur contrairement aux gigantesques projets européens Carbon et HoloSolis, notamment, qui seront situés plus en amont dans la chaine de valeur (fabrication de la cellule photovoltaïque) et nécessiteront donc des financements très importants pour leur mise en œuvre (850 millions annoncés pour HoloSolis par exemple).