Le géant des domaines skiables, la Compagnie des Alpes, partageait une ambition commune avec CM Dupon, une TPE iséroise spécialisée jusqu’alors dans la fabrication de surfaceuses pour patinoires : développer la première dameuse électrique de France, avec l’objectif de décarboner les pistes de ski. Après quatre ans de collaboration, les premiers modèles ont même vu le jour. Mais un litige commercial a mis brutalement fin à l'aventure.C'est l'histoire d'un partenariat entre une TPE iséroise et un poids lourd des domaines skiables français qui avait fait grand bruit dans les allées du salon de référence du secteur, Mountain Planet. À l'heure où le secteur montagnard s'efforce de réduire son empreinte carbone, le damage des pistes reste un enjeu majeur, représentant jusqu'à 85 % des émissions pour un leader européen tel que la Compagnie des Alpes (CDA). Celle-ci s'est fixé un objectif ambitieux : convertir à des solutions plus durables l'ensemble de son parc de dameuses, soit 150 appareils, d'ici à 2030.
Or, pour atteindre le Net Zéro Carbone scope 1 et 2 à horizon 2030, la CDA avait même fait de l'électrification l'un des piliers de sa stratégie, aux côtés de l'utilisation de carburants HVO (huile végétale hydrotraitée), perçu comme un carburant transitoire.
En 2016, l'isérois CM Dupon acquiert les actifs d'une autre PME, Aztek, spécialisée dans les dameuses, avant de placer ses pions sur le marché de l'électrification. Des surfaceuses en premier lieu, puis des dameuses. Un marché qui s'ouvre, et sur lequel on prédit jusqu'à plusieurs centaines de machines à remplacer ou reconvertir.
En 2020, naît alors un partenariat de R&D entre CM Dupon et le géant des domaines skiables, la Compagnie des Alpes, qui gère dix domaines de montagne à travers les Alpes.
« Petit à petit, nous avons adapté nos machines et réinvesti l'ensemble de nos revenus sur le projet de la dameuse électrique», confirme l'entrepreneur Romain Dupon,qui était la seule TPE d'une quinzaine de salariés face aux deux principaux fabricants de dameuses européens, l'allemandKässbohrer et l'italien Prinoth.
Arriver les premiers sur un marché
« Nous avons été les premiers de notre industrie à sortir en 2022 le premier modèle de dameuse électrique, l'Alpine, qui répondait aux attentes d'autonomie, de puissance et de capacité », ajoute l'entrepreneur. A l'époque, ses modèles promettent en effet une autonomie de 5h30 à 6 heures en conditions d'exploitation, et visent une économie de 80 tonnes d'équivalent CO2 par an par dameuse (soit 500 tonnes équivalent CO2 sur la durée de vie d'une dameuse, fabrication des batteries comprises). Le tout, avec une puissance équivalente aux modèles thermiques.