DeepSeek fait naître l'espoir d'un nouveau souffle pour l'IA européenne
Marine Protais
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(Photo d'illustration).
DADO RUVIC
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Depuis quelques jours, DeepSeek est au cœur des discussions dans l'écosystème de l'IA. Cette application chinoise, similaire à ChatGPT, s'est hissée parmi les plus téléchargées des magasins d'applications. Un succès d'autant plus remarquable que, selon la start-up, son modèle V3 aurait été développé pour une fraction du coût d'un modèle équivalent d'OpenAI, avec un prix d'utilisation bien inférieur. Résultat : panique chez les géants du secteur, qui tentent de minimiser son impact - en montrant notamment que DeepSeek s'est inspirée de leur technologie -, et chute en Bourse des valeurs tech.
Mais le tremblement de terre DeepSeek pourrait, in fine, profiter à l'Europe. « DeepSeek met un coup de pied dans le narratif 'bigger is better' vendu par les Big Tech », estime Jean-Baptiste Bouzige, PDG d'Ekimetrics, jeune pousse qui propose des systèmes d'IA adaptés aux entreprises. « Là où Stargate incarnait le gigantisme à l'américaine, DeepSeek propose une alternative plus accessible », ajoute Laurent Daudet, le patron de la pépite d'IA française LightOn, qui s'étonne de l'ampleur de la panique suscitée par le trublion chinois.
L'entrepreneur nuance toutefois l'idée d'un basculement total du secteur. Car la logique du gigantisme reste omniprésente. Preuve en est avec le programme Stargate, lancé la semaine dernière aux États-Unis, qui prévoit d'injecter 500 milliards de dollars dans la construction de data centers géants. Ou encore les nouveaux investissements massifs pour l'IA annoncé par Mark Zuckerberg fin janvier, lors des résultats trimestriels de son entreprise.
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Une chose est sûre : DeepSeek apporte une preuve concrète que la course à toujours plus de puissance de calcul n'est pas l'unique voie, et que des alternatives peuvent vraiment rivaliser avec les leaders du secteur. Son succès pourrait ainsi « redonner espoir à des entreprises européennes jusqu'ici paralysées par l'idée que seules les technologies américaines valent le coup », estime Jean-Baptiste Bouzige.
Marine Protais