Proposer aux acteurs du sport un nouveau modèle économique en intégrant une dimension de développement durable, c’est l’objectif de la startup nîmoise Oxygène qui a développé une plateforme digitale de mesure et d’amélioration de l’impact durable des acteurs du sport. Son indice OXY mesure et évalue les initiatives prises afin de les valoriser financièrement auprès des partenaires, bailleurs et financeurs du sport.L'économie du sport est, elle aussi, largement impactée par la crise sanitaire : événements reportés, public interdit et billetterie en berne, sponsors frileux, etc. Les clubs et les organisateurs d'événements sportifs doivent-ils sérieusement penser à revoir leurs modèles et à diversifier leurs sources de financement ? C'est ce que pense l'entreprise nîmoise Oxygène, créée en novembre 2020, qui veut proposer « une nouvelle voie, pérenne et responsable, basée sur la création de "droits ODD" », en rapport avec les 17 objectifs de développement durable fixés par l'ONU.
Son idée : tout comme il existe des droits médias ou des droits marketing, les droits ODD doivent permettre à un détenteur de droits (un club sportif, un organisateur d'événement, une fédération ou une ligue professionnelle) de valoriser financièrement l'impact environnemental et sociétal positif de son activité auprès de sponsors et de partenaires.
« Un tiers des revenus s'envolent »
« Le financement du sport professionnel est établi en trois pôles : les droits médias - quand ils existent car tous les sports n'en ont pas -, les droits marketing - le sponsoring et des prestations d'hospitalité - et la billetterie,explique Laurent Marchal, cofondateur et président d'Oxygène.Aujourd'hui, en raison des conditions créées par la crise sanitaire, certains sponsors se retirent car il n'y a plus de matches, et la billetterie, qui représente habituellement 25 à 35% des ressources financières, ne rapporte plus rien. Résultat : un tiers des revenus qui s'envolent. Les actifs sont donc moins solides. Les droits médias et marketing sont très volatiles, il y a des effets de bulles très forts, surtout dans le foot. Au même titre que les droits médias et les droits marketing, nous souhaitons créer des droits ODD car nous sommes convaincus que c'est l'un des futurs modèles du sport. Avec les Accords de Paris, les JO Paris 2024 et la pression de la société, nous pensons que c'est le bon moment. La société attend un engagement des principaux acteurs du sport sur ce terrain et ce sera quasiment une obligation d'ici Paris 2024. »
Pour mettre en œuvre ce principe, Oxygène a élaboré un outil de mesure des engagements durables en partenariat avec le think-tank européen Sport & Citoyenneté, le spécialiste de l'engagement des marques Zei, et l'acteur marseillais de l'ESS, Synchronicity, spécialiste des enjeux de monétisation.
«La mesure d'impact précise est réalisée sur la base d'une étude composée de 70 critères couvrant les pratiques environnementales, sociales et de gouvernance des détenteurs de droits,détaille Laurent Marchal.
De la valorisation à la monétisation
Le résultat obtenu donne un indice qu'Oxygène a baptisé l'indice OXY (sur 100), qui sert de point de départ à une stratégie d'amélioration, de valorisation et de définition d'un équivalent monétaire pour la structure. Car la démarche ne s'arrête pas à la mesure de l'engagement, l'objectif étant alors de valoriser financièrement les efforts consentis.