Google-BML, chronique d'un accord houleux
Romain Charbonnier
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En 2008 et jusqu'à la fin 2009, la bibliothèque municipale de Lyon a eu droit à son lot d'articles de presse reprochant son pacte avec le « diable » Google, en vue de numériser l'ensemble du fonds ancien de la BML, soit un peu plus de 400 000 ouvrages français, libres de droit (contre les 450 000 à 500 000 inscrits dans le contrat). « Atteinte à l'exception culturelle française », « Lyon brade son patrimoine », pouvait-on lire. Un accord (très) critiqué, tant par les médias que par certains professionnels aux positions dogmatiques s'inquiétant des ambitions et des conditions de l'Américain dans ce programme.
Cinq ans plus tard, loin des critiques, l'opération de numérisation est sur le point de s'achever dans la plus grande discrétion. Et le résultat, de l'avis de Pierre Guinard, conservateur et responsable des collections à la bibliothèque de Lyon, est « satisfaisant ». « Les conditions ont été remplies suivant le cahier des charges défini », souligne-t-il. Autrement dit, Google s'est engagé « dans un délai maximum de 10 ans » - finalement il en aura mis cinq - à numériser à la main - « on voit parfois des traces de doigts », remarque le conservateur - dans un lieu proche, « situé à 50 km à vol d'oiseau de la bibliothèque », les collections patrimoniales. Et de restituer chaque fichier en vue de leur conservation et de leur diffusion sur la plateforme de la bibliothèque, baptisée Numélyo.
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En retour, le géant américain peut exploiter commercialement les fichiers et les diffuser sur Google Books (20 millions d'ouvrages disponibles). « Nous considérons que notre mission est de rendre l'information universellement accessible en faisant tomber les freins à l'accès mais également de rendre ces fonds pérennes », commente Santiago de la Mora, directeur des partenariats pour Google Livres. Une aubaine pour la bibliothèque de Lyon qui ne dispose pour l'heure que de 8 000 ouvrages sur sa plateforme numérique en raison d'un équipement informatique non adapté. « Être présent sur Google Books est important, car il s'agit du plus gros réservoir au monde. Cela nous offre une grande visibilité », justifie Pierre Guinard.
Romain Charbonnier
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