Picture se lance dans la fabrication de vêtements à partir de déchets textiles
Emilie Valès
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DR Antoine Schmidt
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Revaloriser les déchets textiles pour en faire des vêtements neufs. Voilà la nouvelle ambition de la marque clermontoise Picture Organic Clothing. En 15 ans, l'entreprise s'est imposée sur le marché des vêtements outdoor, notamment des sports de glisse, et s'est fait un nom sur un créneau de plus en plus porteur : la mode éthique et responsable.
Son nouveau programme baptisé The Circular_ doit lui permettre d'aller plus loin en recyclant des tissus composés à 100% de polyester. Car depuis sa création, Picture a un mantra : rendre l'industrie textile moins polluante, plus durable et plus sobre. Un défi énorme dans un secteur souvent pointé du doigt pour son impact environnemental. Selon l'Ademe, l'agence de la Transition écologique, l'industrie textile se situe en effet à la troisième place des secteurs les plus consommateurs d'eau, après les cultures du blé et du riz. Pire, elle pourrait émettre, en 2050, 26 % des émissions globales de gaz à effet de serre si les tendances actuelles de consommation se poursuivent.
Afin de limiter au maximum son empreinte carbone, Picture fabrique déjà ses vêtements à partir de polyester issu de bouteilles en plastique recyclées.
Pour parvenir à ce « polyester circulaire », Picture travaille avec une entreprise chinoise, Jiaren, qui collecte, trie puis recycle les vêtements usagés et les chutes de tissus synthétiques. Cette société a développé une technologie qui permet de réaliser des billes de polyester ou de polyamide à partir de ces déchets textiles. Les granulés sont ensuite transformés en fils, utilisés pour fabriquer d'autres vêtements.
Et si Picture a décidé de collaborer avec cette entreprise asiatique, c'est que la production de leurs pièces techniques est déjà située en Chine, à Taïwan et au Japon. Un choix qui s'est très vite imposé précise Julien Durant. « Le coût de revient d'un vêtement technique, aujourd'hui, est composé à 60% par le coût de la main d'œuvre, car on ne peut pas tout automatiser. Une veste de montagne demande par exemple 5 à 7 de heures de montage. Si on produisait en Europe, on serait trop cher. Le prix de cette veste passerait de 400 à 600-700 euros. On n'en vendrait pas une » argumente le cofondateur de Picture qui rappelle aussi que l'Asie possède un vrai savoir-faire.
Emilie Valès
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