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"93% des objets dans l'espace sont des débris", alerte Christophe Bonnal (Cnes)

Photo de Florine Galéron

Florine Galéron

Publié le 07 novembre 2018 à 16:28 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:20

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Depuis 31 ans, Christophe Bonnal travaille pour le Cnes à Toulouse sur les débris spatiaux. Ces morceaux de satellites obsolètes représentent aujourd'hui une masse de 7 800 tonnes. Une goutte d'eau face à l'immensité de l'espace mais leur présence accroît le risque de collisions avec des satellites en activité et ces objets pourraient aussi retomber sur Terre.

"Tous les débris spatiaux dans l'espace représentent une masse de 7 800 tonnes, soit l'équivalent de la Tour Eiffel", illustre Christophe Bonnal, expert senior au Cnes. À l'occasion d'une conférence organisée le 30 octobre par l'Académie de l'air et de l'espace, le scientifique a expliqué les enjeux soulevés par ces déchets et les solutions envisagées pour les faire disparaître.

"On définit comme débris spatial tout objet orbital artificiel non fonctionnel. Il faut savoir qu'aujourd'hui les satellites en activité représentent seulement 7% des objets dans l'espace. Les 93% restant sont des débris spatiaux, dont 18% sont des satellites non fonctionnels et 11% des étages supérieurs de fusées. La majorité des autres objets sont des fragments de petite taille : 750 000 de plus d'un cm, 150 millions de plus d'un mm", détaille Christophe Bonnal.

Les débris spatiaux sont nés avec la conquête spatiale. "Lors du lancement de Spoutnik 1 en 1957, la charge utile ne représentait que 1,3% de la masse laissée dans l'espace. On a laissé en orbite le premier étage de la fusée qui pesait 6,5 tonnes. Tout ça pour une mission de 21 jours !" rappelle l'expert. Mais aujourd'hui malgré un nombre de missions moindres par rapport à la Guerre froide, le volume de débris ne cesse d'augmenter, notamment à cause des collisions.

"7 800 tonnes de débris spatiaux, c'est paradoxalement peu par rapport à l'immensité de l'espace. C'est comme si on versait deux bouteilles de coca dans la mer. Sauf que cette masse est disséminée en plein de petits morceaux qui peuvent, en se percutant, créer des centaines de nouveaux fragments. Le problème est qu'avec une vitesse orbitale de 30 000 km/h, même un morceau de 1 mm peut créer des dégâts. C'est arrivé en 2016 sur le satellite Sentinel 1A où les panneaux solaires ont perdu 15% de leur puissance électrique à cause d'un débris. Un gros débris de plus de 10 cm peut faire exploser un satellite. Aujourd'hui, la probabilité de perte d'un satellite à cause d'un débris est de 5%", avance Christophe Bonnal.

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"L'autre risque est qu'un de ces débris tue quelqu'un en percutant la Terre", alerte le chercheur. Pour l'instant, par chance, rien de tel n'est encore arrivé. Les débris sont surtout tombés dans des champs ou les océans.

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Florine Galéron

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