Un drone à hydrogène liquide pour traverser l'Atlantique, ou le pari de Delair et de l'Isae

Pierrick Merlet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Pierrick Merlet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
L'union fait la force ? C'est en tout cas le choix opéré par le concepteur de drones toulousain Delair, l'un des leaders mondiaux sur le sujet, et l'Isae-Supaero, l'une des meilleures écoles au monde en matière d'ingénierie aérospatiale. Jusqu'à présent, tous deux ont fait chemin séparé sur la question de l'hydrogène, avec la DGA pour Delair et H3 Dynamics pour l'établissement de formation. Désormais, les deux acteurs du secteur aéronautique s'apprêtent à relever ensemble "le Défi Mermoz", du nom qu'ils ont attribué à leur projet collaboratif.
"Il consiste en la conception et la fabrication d'un drone qui traversera l'océan Atlantique, ce qui représente 3.500 kilomètres à parcourir sur 30 heures de vol, sans escale", explique Bastien Mancini, le COO de Delair aussi à la tête de la division drones de la PME. "C'est une ambition à forte raisonnance médiatique en cas de succès et d'une grande portée symbolique", ajoute Jean-Marc Moschetta, professeur d'aérodynamique et responsable du projet au sein de l'Isae-Supaero.
Le choix de cet itinéraire, qui peut apparaître comme un pari fou, est effectivement tout sauf anodin. L'idée est de faire la traversée fin 2023 sur la ligne commerciale de l'Aéropostale ouverte en mai 1930 par Jean Mermoz, reliant le Sénégal au Brésil. Tout d'abord, pour rendre hommage à ce pionnier de l'aéronautique, mais aussi parce que Delair et l'Isae-Supaero veulent apporter leur pierre à l'édifice dans l'histoire de l'aéronautique.
À lire également
"Les drones d'aujourd'hui sont les avions de demain", lance ainsi Bastien Mancini. Alors, si le drone conçu pour l'occasion sera sans surprise 100% électrique, la principale innovation reposera sur le combustible utilisé pour créer cette énergie, à savoir de l'hydrogène liquide qui pose encore des problématiques de stockage et de sécurité dans l'optique d'un avion à zéro émission d'ici 2035. "Nous allons travailler autour de l'hydrogène liquide car tout le monde s'accorde à dire que c'est l'avenir de l'aéronautique", justifie Jean-Marc Moschetta.
Pierrick Merlet
Jean-François Zygel : « En musique, l'IA générative est devant un échec »
Aéronautique : front commun de l'Isae-Supaero et l'Enac face à la compétition internationale
Feu dans les moteurs d'avion : la France lance une plateforme unique au monde
Le casino Barrière de Toulouse, premier en France à adopter le contrôle biométrique