"Même l'Inde sera très bientôt capable de faire voler des astronautes en orbite basse autour de la Terre. Les Etats-Unis, la Russie et la Chine ont tous un vaisseau pour découvrir la nouvelle frontière, c'est-à-dire la prochaine zone économique, qui est la Lune et au-delà, et l'Europe n'en a pas", faisait remarquer il y a quelques semaines le directeur de l'agence spatiale européenne Josef Aschbacher. Avant d'ajouter que le budget 2021 de l'ESA consacré à l'exploration humaine de l'espace s'élève à 735 millions d'euros, soit environ 7 % de celui qu'y consacre la Nasa. À l'unisson, l'astronaute français Thomas Pesquet appelait à "vraiment réfléchir à une ambition un peu plus forte au niveau européen" en matière de vols habités.
Le sommet spatial européen organisé à Toulouse ce mercredi 16 février pourra-t-il changer la donne ? En tout cas, l'événement sera l'occasion de prendre la température parmi les 27 Etats membres de l'UE. Et pour faire mûrir leur réflexion, Emmanuel Macron et les ministres européens assisteront au cours du déjeuner à plusieurs keynotes de startups. C'est dans ce cadre que la société franco-allemande The Exploration Company est invitée à s'exprimer.
"La raison pour laquelle nous avons créé cette entreprise c'est que nous sommes convaincus que l'Europe doit participer à cette dynamique d'exploration spatiale en particulier habitée. Les Etats-Unis, l'Inde, le Japon ou la Chine ne veulent pas envoyer des robots sur la Lune mais envoyer des humains et y rester.Si on fait le parallèle avec la Renaissance, les pays et les sociétés qui ont eu l'audace d'explorer le Nouveau monde ont été ceux qui ont dominé la Terre, technologiquement, économiquement et stratégiquement pendant 200 ans. C'est ce qui se joue aujourd'hui et notremission est de contribuer à partir de l'Europe à démocratiser ce mouvement d'exploration spatiale en le rendant encore plus accessible aux hommes", plaide Hélène Huby, cofondatrice de The Exploration Company.