La réforme ratée des taxis italiens

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La protestation, ce mercredi, des chauffeurs de taxi dans l'Hexagone aura un air de déjà-vu pour les Italiens. En juillet 2006, les taxis avaient bloqué les métropoles de la péninsule pour protester contre un décret-loi de " libéralisation " de leur secteur. Un an et demi après cette " réforme ", les résultats sont bien minces, si ce n'est contre-productif. " L'application des nouvelles mesures, confiée aux communes, est encore insuffisante pour augmenter l'offre de service ", indique le ministère du Développement économique, pourtant à l'origine de cette " réforme ". Son décret-loi n'a imposé aucune augmentation du nombre de licences de taxi, laissant aux municipalités le choix d'en décider. Et les choix des villes ont été disparates. Après un nouveau blocage des taxis romains en novembre dernier, le maire de Rome et nouveau chef de la gauche, Walter Veltroni, a octroyé avant Noël une forte hausse des tarifs des taxis (+ 18 %) en échange de l'attribution de 500 nouvelles licences d'ici à juillet 2009, en plus des 1.450 supplémentaires déjà promises. Le nombre de taxis romains passerait ainsi à 7.771 l'an prochain.PRESSION SUR LES MAIRESÀ Milan, le maire, Letizia Moratti (centre droit), a préféré ne pas prendre de front le lobby des taxis et a renoncé à l'octroi de nouvelles licences incitant plutôt plusieurs chauffeurs à utiliser le même taxi et donc à le rendre disponible plus longtemps. Mais, à ce jour, seuls 300 chauffeurs supplémentaires, parmi 4.885 taxis à Milan, font usage de cette possibilité. Les taxis milanais ont obtenu une hausse de 13 % de leurs tarifs en juin dernier. " La libéralisation des taxis n'a pas fonctionné : il ne faut pas vendre un échec comme un succès ", a jugé sévèrement le président de l'Autorité à la concurrence. Même son de cloche à la Banque d'Italie, attribuant à la décentralisation de l'octroi de licences l'échec de la libéralisation : le lobby des taxis a pu plus facilement soumettre les maires à son chantage de blocage de la circulation.

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