Les valeurs de l'hôtellerie inquiètent les analystes et les agences de notation

ctionsQu'il s'agisse des analystes ou des agences de notation, les professionnels de la finance ont le secteur de l'hôtellerie dans le collimateur. Hier, Fitch a abaissé la note de solvabilité du français Accor, de BBB, à BBB?, soit un cran au-dessus de la catégorie des obligations « pourries. » « La performance opérationnelle du groupe en 2009 sera inférieure à nos prévisions, en raison de l'environnement économique très difficile », explique l'agence d'évaluation financière.Avant-hier, c'est Barclays Capital qui avait jeté un froid, en abaissant de « neutre » à « négative » sa recommandation sur l'industrie hôtelière américaine, en particulier sur Starwood et Marriott. Le bureau d'analyse estime que la reprise du secteur interviendra bien après celle de l'économie mondiale. D'ordinaire, le caractère cyclique des groupes hôteliers leur permet de recouvrer la santé six mois après un redressement de la conjoncture économique. Mais la récession actuelle a provoqué une telle chute des voyages de tourisme et d'affaires que l'hôtellerie ne devrait pas renouer avec la croissance de son activité avant 2011 au moins, selon Barclays Capital.une rentabilité en chuteLes derniers chiffres du secteur sont affligeants. D'après le cabinet d'études Smith Travel Research, le revenu moyen par chambre disponible (Revpar), indicateur clé de la rentabilité du secteur, a plongé de 20 % en moyenne aux États-Unis, au cours de la période avril-mai, après une dégringolade de 18 % au premier trimestre. Et les trois premières semaines de juin ont vu le Revpar dévisser de 22 %. Enfin, selon les analystes de Morgan Stanley, l'industrie hôtelière européenne, habituellement en retard de douze à vingt-quatre mois par rapport aux États-Unis, comble l'écart à grands pas, avec un effondrement de 22 % en moyenne de son Revpar en avril.Des nouvelles d'autant plus mauvaises pour les investisseurs que ces derniers ont misé sur les valeurs cycliques depuis le début de l'année. L'indice Bloomberg du secteur hôtelier mondial affiche ainsi une hausse de 10 % depuis janvier, alors que le S&P 500 gagne 2 % seulement et que le Dow Jones Euro Stoxx 50 recule de 2 %. Résultat, les actions Marriott et Starwood se paient pas moins de 24 et 28 fois les bénéfices escomptés pour 2009, d'après les données de l'agence Bloomberg. Même Accor, qui n'a pas suivi la tendance du secteur, avec un plongeon de près de 20 % de son cours depuis janvier, peut se targuer d'un PER (« price earning ratio », ou rapport cours sur bénéfice) de 16. C'est dire si les valeurs de l'hôtellerie seront sensibles à la moindre déception, lors de la présentation de leurs résultats semestriels, au cours des prochaines semaines. Christine Lejoux

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