Le Grand Paris toujours en quête d'argent

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Île-de-FranceIl était temps pour Gilles Carrez, chargé en juin par le gouvernement de faire des propositions sur le financement du Grand Paris, de préciser les choses. Car, depuis que ses premières propositions circulaient sous le manteau, la polémique enflait : l'ancien secrétaire d'État Yves Jégo, redevenu député de Seine-et-Marne, dénonçait « des vieilles recettes » ; le Medef Île-de-France s'inquiétait de voir les entreprises mises à contribution ; l'UMP réclamait « un plan de financement cohérent et innovant »?Hier, après avoir remis à Matignon son prérapport ? le document définitif étant attendu en septembre ?, le rapporteur général UMP du budget a donc précisé les choses. Non, il ne propose pas d'augmenter les tarifs des transports, comme on l'a cru, mais d' « accroître la masse tarifaire » de 2 points de plus que l'inflation, essentiellement grâce à l'effet volume, les nouveaux transports accueillant logiquement davantage de voyageurs.En revanche, Gilles Carrez propose bien d'augmenter le versement transport (VT) payé par les entreprises franciliennes de 0,1 point. Ces deux mesures rapporteraient, selon lui, respectivement 7,9 et 7,7 milliards d'euros entre 2010 et 2025. Insuffisant tout de même pour financer les 13,7 milliards d'investissement et les 18,5 milliards de fonctionnement !« éventail de ressources »Gilles Carrez avance donc un « éventail de ressources », une sorte de « catalogue à la Prévert », reconnaît-il. Comme la contribution des usagers de la route via l'affectation d'une partie de la future « écotaxe poids lourds » et l'augmentation des amendes de stationnement, de 11 euros actuellement à 20 euros. Cette dernière mesure, qui devrait faire couler beaucoup d'encre, pourrait rapporter 1,8 milliard. Il suggère aussi d'affecter au plan transport une part de la redevance bureaux (soit 7,8 milliards en quinze ans) et n'exclut pas une augmentation de la taxe spéciale d'équipement payée par les Franciliens. Même s'il n'est pas un chaud partisan de l'emprunt en raison du niveau d'endettement du pays, le rapporteur général admet qu'il faudra emprunter au moins 10 milliards pour le matériel roulant. Il accepte aussi à la marge le recours aux partenariats publics-privés.

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