La ruée vers l'or des applications pour téléphone mobile

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Avoir un sudoku ou un dictionnaire gratuits sur son téléphone portable, un plan de métro pour 0,79 euro ou le guide Michelin pour 7,99 euros : ce sont quelques-unes des 25.000 applications, de minilogiciels allant du très utile au très futile, qu'il est possible de télécharger sur son iPhone. Le succès phénoménal du site d'applications d'Apple, l'App Store, qui a dépassé les 500 millions de téléchargements dans le monde en janvier, six mois après son lancement, a mis en lumière un marché existant, mais encore naissant, et promis à de vertigineux taux de croissance. L'analyste financier du courtier Piper Jaffray estime que l'App Store pourrait rapporter 800 millions à 1,2 milliard de dollars en 2009, si 91 % à 95 % des détenteurs d'iPhone ou du baladeur iPod Touch dépensent chacun 10 à 15 dollars dans l'année en applications, sachant qu'Apple en perçoit 30 %, le reste revenant aux développeurs de ces miniprogrammes.Apple n'est cependant pas le pionnier des applications pour téléphone. Il en existe déjà plus de 80.000 disponibles pour les modèles de Palm ou de BlackBerry, souvent destinées au monde des professionnels. Mais le concept d'une boutique en ligne dédiée rapportant de nouvelles recettes a alléché tous les grands acteurs du secteur et du logiciel : Google, Nokia, Microsoft et Orange ont chacun lancé leur site d'applications mobiles.La taille précise de ce marché, constitué d'une multitude de microtransactions, reste difficile à mesurer, d'autant plus qu'Apple ne détaille pas la part des applications gratuites. Or, selon David MacQueen, du cabinet Strategy Analytics, au moins un quart sont gratuites et plus d'un tiers sont facturées moins de 1 euro (ou 1 dollar) sur l'App Store. Cet expert estime que 1,89 milliard d'applications mobiles ont été téléchargées l'an dernier, dont plus de la moitié étaient des jeux et près de 40 % étaient gratuites. Il estime tout de même que les consommateurs ont dépensé au total 5 milliards de dollars en 2008 en applications mobiles, un chiffre qui devrait grimper à 6,1 milliards cette année et quasi doubler en cinq ans, pour atteindre 9,55 milliards de dollars en 2013.généraliser l'usageLa part des applications gratuites devrait pourtant encore croître et dépasser 60 % à partir de 2011 selon Strategy Analytics, notamment à mesure que ces miniprogrammes se démocratiseront, sous l'impulsion des opérateurs mobiles qui veulent en généraliser l'usage dans le grand public. Pour certains, Apple tend à tirer les prix à la baisse. Actuellement, le prix de vente moyen varie entre 1 et 2 dollars chez Apple et de 7 à 25 dollars sur les autres plates-formes selon Jeff Orr, du cabinet ABI Research. « Cela pénalise les développeurs, qui doivent choisir entre vendre beaucoup d'applications très peu cher sur l'App Store ou en vendre moins pour un meilleur prix unitaire », relève cet expert. Or, sur d'autres plates-formes, il faut parfois aussi partager le gâteau avec les opérateurs mobiles. Ainsi, 80 % des ventes de jeux sur le site N-gage de Nokia passent par le système de facturation des opérateurs, bien décidés à ne pas perdre leur relation directe avec le client. n1,89 milliard d'applications mobiles ont été téléchargées l'an dernier.

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