Tournée continentale pour Raul Castro

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À 77 ans, Raul Castro, élu officiellement en février dernier pour remplacer son frère Fidel, malade, à la tête de Cuba, effectue son premier voyage à l'étranger en tant que président. Après s'être rendu à Caracas saluer Hugo Chavez, Raul Castro doit assister à plusieurs réunions, dont le sommet des Caraïbes et d'Amérique latine, qui se tient aujourd'hui et demain au Brésil, et la conférence du Groupe de Rio. Celle-ci officialisera l'inclusion de Cuba dans un ensemble agrégeant les 23 pays du sous-continent et de la Caraïbe. L'accord avait été scellé à Mexico en novembre dernier. S'il s'agit, dans ces diverses enceintes, essentiellement de discuter des effets de la crise économique, de son impact sur les pays de la zone et des moyens qui peuvent être mis en commun pour l'affronter, c'est bien autre chose qui se joue, en réalité, pour Raul Castro. Car la crise n'est pas une nouveauté pour le régime cubain, qui subit un embargo commercial depuis 1962 de la part des États-Unis. De plus, La Havane a appris depuis le début des années 1990 à se passer du soutien de l'ancienne Union soviétique. Tous les ans, l'île doit affronter de terribles ouragans, qui, du sucre au tabac, mettent à mal son agriculture, déjà exsangue. Bref, sans l'aide du Venezuela, qui a remplacé Moscou depuis quelques années et qui injecte, selon les experts américains, quelque 2 milliards de dollars par an dans l'économie de l'île, sous forme de pétrole bon marché notamment, Cuba aurait eu du mal à survivre. Enjeu de taillePas étonnant, donc, que la première visite officielle de Raul Castro ait commencé par Caracas? Mais l'enjeu dépasse les relations économiques. Car Cuba est à la recherche de nouveaux soutiens en Amérique latine : avec l'effondrement du prix du pétrole, la générosité de Hugo Chavez risque de s'amenuiser. Surtout, le retour officiel de Cuba dans le giron latino-américain se veut un message au président élu Barack Obama. Qui aurait la teneur suivante : « L'île peut compter sur le soutien de ses pairs dans la région, alors inutile de continuer à l'isoler. » L. J. B.

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