L'Allemagne prise au piège de GM

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utomobileAprès le choix de General Motors (GM) vendredi de ne rien décider sur le futur repreneur d'Opel, l'Allemagne s'interroge sur la stratégie du groupe américain. Pour Ferdinand Dudenhöffer, professeur en économie de l'automobile à l'université de Duisburg et Essen (Allemagne), GM ne semble plus vraiment prêt à se séparer d'Opel. « Depuis trois ou quatre mois, sa tactique est de faire durer les négociations jusqu'aux élections fédérales du 27 septembre », explique-t-il. Selon cet expert, GM entend ensuite proposer au nouveau gouvernement soit la reprise ? avec des aides publiques allemandes ? par la société de capital investissement RHJI, qui administrera Opel avec GM, soit la mise en faillite du groupe, avec le risque de fermeture des « petites usines » allemandes d'Opel (Eisenach, Bochum et Kaiserslautern). Ferdinand Dudenhöffer considère que le succès de la prime à la casse en Allemagne a « certainement contribué à renforcer cette stratégie », car Opel est aujourd'hui plus intéressante à conserver pour GM. En juillet, Opel a ainsi vendu 33 % de voitures neuves de plus que voici un an.trouver une issueL'universitaire estime que le gouvernement allemand, particulièrement le ministre de l'Économie Karl-Theodor zu Guttenberg, a raté le coche, car « voici trois mois GM était prêt à vendre ». Désormais, Berlin est « en position de faiblesse ». La seule chance d'Angela Merkel serait, poursuit l'expert, d'entamer des discussions directes avec le président américain Barack Obama afin de trouver une issue favorable à Magna, le candidat choisi par Berlin. L'État américain est en effet devenu le principal actionnaire de GM.Les officiels allemands ont commencé ce week-end à mettre la pression sur la Maison-Blanche. Mais Magna et son allié russe Sberbank méritent-ils un tel soutien de la part de l'Allemagne ? Certains, comme l'éditorialiste de la « Frankfurter Allgemeine Zeitung », hier, s'interrogent et se demandent si ce soutien ne s'intègre pas « dans des discussions d'une autre dimension avec la Russie ». Romaric Godin, à Francfort

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