Pas de nouveaux défauts en vue après l'Équateur

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La crainte de voir le défaut de l'Équateur se renouveler en Amérique latine s'émousse. Dans un rapport rédigé après le refus de Quito d'honorer sa dette externe, le 12 décembre, l'agence de notation Moody's estime très improbable le scénario d'une possible contagion à d'autres pays du continent. D'autant que ce refus tient plus à des raisons idéologiques qu'économiques. « La confusion qui règne sur le marché du crédit devrait accroître les difficultés de certains pays latinos », concède Gabriel Torres, vice-président de l'agence, et auteur de l'étude « Cela étant, s'ils vont rester sous pression, ces pays, même les plus fragiles, et les plus susceptibles de suivre l'exemple équatorien ? à savoir l'Argentine, la Bolivie et le Venezuela ? n'ont que peu de chances de le faire. » Des trois, l'Argentine est celle qui compte tenu de son profil politique et financier pourrait le plus facilement opter pour une action similaire à celle de l'Équateur. Le pays est déjà en défaut sur 26 milliards de dollars, et environ 40 % de sa dette est liée à son inflation. Le fait que les chiffres de l'inflation soient officiellement sous-évalués par les autorités attise les craintes de voir celle-ci refuser de payer. Une éventualité jugée toutefois très faible par Moody's. « À présent, en Équateur, les négociations avec les porteurs de dette devraient être compliquées, et la situation macroéconomique pourrait fortement se détériorer », estime l'agence. Cette perspective, selon elle, laisse à penser que peu de pays voire aucun ne devraient avoir envie de se retrouver dans cette situation inextricable. bons points pour caracasPour ces raisons, en partie, la Bolivie, pourtant très exposée, ne devrait guère, elle non plus, être tentée d'imiter le bras de fer entamé par son voisin avec ses créanciers. « Le risque politique y est très élevé mais nous n'attendons pas d'impact direct de la décision équatorienne sur le pays », résume Moody's. En outre, le profil de la dette de ce pays est très différent de celui de l'Équateur. Enfin, le Venezuela, connu pour les discours coups de poing de son président, ressort comme le pays le moins susceptible d'emboîter le pas à l'Équateur. « Ce pays n'a jamais évoqué la possibilité de faire défaut, et a toujours donné la priorité au paiement de sa dette », ajoute Gabriel Torres. Il a jusqu'à présent maintenu cette stratégie même lors de la grève de 2002 qui avait pourtant sérieusement écorné les revenus du gouvernement. Autres bons points?: Caracas dispose d'actifs à l'extérieur du pays sur lesquels il peut compter. De plus, le montant de sa dette externe reste faible pour 2009, moins de 2 milliards de dollars. Marjorie Bertouille

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