Etats-Unis : les banques en service commandé dans les ghettos

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« Le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont reconnus comme étant les pays qui ont mis en place depuis des décennies, des procédures d'intervention des entreprises, de partenariat public-privé pour des actions de développement dans les villes ... », commentait le Bipe Conseil, dans un rapport récent ( « Des entreprises pour la ville »), réalisé pour le compte de la Caisse des dépôts et consignations. Un rapport qui explique la moindre implication du secteur privé français dans des actions d'intérêt général par la forte tradition étatique hexagonale. Aux Etats-Unis, un dispositif législatif sert de fondement à une coopération parfois difficile, mais réelle : la loi du Community Reinvestment Act (CRA) de 1977 fait obligation aux banques d'agir en faveur des communautés en utilisant une partie des ressources qu'elles collectent dans les quartiers pour des prêts aux « communautés » qui y habitent, ainsi qu'en cofinançant les programmes sociaux. De grandes banques comme la Chase ou la Morgan ont même développé leur propre Development Corporation. Si d'aventure une banque ne remplit pas ses obligations, elle s'expose à des sanctions (gel d'opérations commerciales...). Dans la chaîne du financement des actions en faveur des « communautés », figurent aussi les « community foundations », qui reçoivent les dons et en assurent la redistribution ainsi que leur placement sur les marchés. L'implication du secteur privé à finalité lucrative est aussi le fruit des pressions des « communautés ». Une notion difficile à comprendre en France, pays d'intégration culturelle, car ces « communautés » s'agrègent sur le critère de l'appartenance ethnique, souvent confondue avec la localisation dans un même quartier. Depuis de nombreuses années déjà, ces populations se sont dotées de Community development corporation (CDC), organisations à but non lucratif et bénéficiant d'avantages fiscaux, qui remplissent un rôle d'intermédiaire vis-à-vis des partenaires des actions sociales banques, entreprises, fondations, villes et institutions publiques). Contrastant avec les Etats-Unis, l'action de solidarité au Royaume-Uni ne s'appuie pas sur une législation très précise. L'ensemble des réformes conduites par Margaret Thatcher dans les années 80, dans le sens d'une diminution des dépenses du secteur public et d'une privatisation des services, a accéléré le développement d'opérations de solidarité associant secteur privé et autorités locales. La meilleure illustration en est Business in the Community (BitC), sorte de club d'entreprises engagées dans des actions communautaires, auquel préexistaient quelques intermédiaires plus opérationnels comme Community Development Foundation (CDF), créée en 1968, et London Enterprise Agency (LEntA), en 1979. Leur vocation est d'aider à la création d'entreprises et d'offrir des services de formation. Ces structures sont alimentées par les cotisations des entreprises membres, comme pour la Face (fondation « agir contre l'exclusion ») créée en France par Martine Aubry.

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