L'Europe retient son souffle

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L'Europe, tétanisée, attend dans l'angoisse les résultats du référendum français sur le traité constitutionnel. A commencer par les Pays-Bas, qui voteront trois jours après, le 1er juin. Encore que certains, comme les Britanniques ou les Polonais, seraient ravis si le "non" l'emportait. Varsovie s'est en effet battue jusqu'au bout pour préserver ses acquis dans le traité actuellement en vigueur avec le mot d'ordre "Nice ou la mort"."Pensez-vous que les pays auxquels on a arraché la Constitution ne vont pas se réjouir", lance ainsi le président du Parlement européen, Josep Borrell. Et d'enchaîner : "Si la République tchèque dit non à la Constitution européenne, c'est la République tchèque qui a un problème ; si la France dit non, c'est l'Europe tout entière qui a un problème." Bref, un éventuel "non" au traité constitutionnel venant d'un pays fondateur sonnerait le glas de l'intégration européenne. Joschka Fischer, ministre allemand des Affaires étrangères, dramatise l'enjeu : "C'est la vie de l'Europe qui est en jeu. Il faut dire oui car si nous restons avec le traité de Nice, c'est la fin de l'Union européenne."Coup d'arrêt. La fin ? Sans doute pas. Mais un coup d'arrêt, sûrement. John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats, partisan du traité constitutionnel, met en avant cette nuance : "Ce traité est la meilleure opportunité que nous aurons avant longtemps de réserver aux partenaires sociaux une place incontestée dans le processus européen. [...] Si la Constitution n'est pas adoptée, l'Europe va devoir s'arrêter et marquer un temps d'arrêt dont on ne connaît pas la durée." S'adressant notamment à la gauche française qui dénonce le contenu "trop libéral" et "pas assez social" du traité, John Monks a rappelé hier, à l'occasion du 20e anniversaire de la création du "dialogue social européen", qu'il y a "certes dans ce traité des aspects plus libéraux qui plaisent à certains, moins à nous ; mais inversement, il y a des dispositions qui nous vont bien et moins bien à d'autres".Sans verser dans le catastrophisme, le président en exercice de l'Union européenne, Jean-Claude Juncker, se place aussi dans cette option médiane : "Si nous n'avions pas la Constitution au 1er janvier 2007, le risque est énorme de voir cette réalité complexe que constitue le continent européen être gérée par un système de libre échange trop simpliste pour ce continent compliqué."Marc Dege

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