La fiscalité sur les riches britanniques plus lourde qu'en France

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Ceci n'est pas un poisson d'avril : dans une semaine, les riches en France n'auront plus à envier les grandes fortunes du Royaume-Uni. Car pour la première fois depuis plus de trente ans, l'impôt sur les plus hauts salaires sera plus élevé outre-Manche.A partir du 6 avril, date du début de l'année fiscale britannique, les personnes gagnant plus de 150.000 livres (170.000 euros) par an vont être imposées à un taux marginal de 50 %, contre environ 45 % en France. De plus, les salaires de plus de 100.000 livres (110.000 euros) perdent l'exemption d'impôt accordée à tout le monde sur les premiers 6.500 livres du salaire.L'entrée en vigueur de cette mesure, annoncée voilà un an, fait grincer beaucoup de dents. Outre le fait que le Royaume-Uni adopte désormais le 5e plus fort impôt sur les hauts revenus des pays de l'OCDE, ce sont les changements constants introduits dans leur fiscalité depuis trois ans qui inquiètent vraiment les gros salaires britanniques.Changement de climatCela a commencé début 2008 par la création d'un impôt fixe à 30.000 livres (33.000 euros) pour les « non-doms » (étrangers vivant en Grande-Bretagne, mais fiscalement domiciliés hors du pays). A cela est venu s'ajouter l'impôt sur les bonus des banquiers, à 50 %. Et voilà deux semaines, la taxe sur les achats immobiliers de plus de 1 million de livres est passée de 4 % à 5 %. « Tout cela s'additionne et tend à rendre le climat fiscal moins intéressant que dans beaucoup d'autres juridictions concurrentes », estime Andrew Tailby-Faulkes, de Ernst & Young.Cela fait-il partir les riches hors du Royaume-Uni ? Si beaucoup brandissent la menace, peu se sont jusqu'à présent exécutés. « Je ne crois pas à ce chantage : franchement, faire de la Ferrari à Dubaï est moins intéressant que de se promener sur les bords de la Tamise », estimait la semaine dernière Jean-Paul Gauzès, député européen et rapporteur de la directive sur les fonds alternatifs. De plus, Londres demeure une capitale attractive pour les grandes fortunes étrangères, grâce au statut de « non-dom ». Ceux-ci n'ont qu'à déclarer l'argent qu'ils apportent en Grande-Bretagne.Reste que l'environnement fiscal britannique a changé. « Il y a dix ans, les entreprises ne s'interrogeaient pas une seconde pour s'installer à Londres, note un avocat d'affaires. Aujourd'hui, elles hésitent. » éric Albert, à Londre

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