Les emprunts d'État sous haute pression

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Nous ne sommes pas encore en 1976, l'année noire où le Royaume-Uni avait dû demander l'assistance du FMI. Mais la pression exercée par les marchés pour que le pays mette en oeuvre une politique d'austérité budgétaire s'accroît. Dernier avertissement en date : Mohamed el-Erian, directeur général du géant de la gestion obligataire Pimco, a estimé lundi sur la BBC que « si le Royaume-Uni ne réussit pas à combiner une croissance plus forte avec des ajustements budgétaires, alors l'évolution de sa dette va continuer de s'aggraver au point que ses créanciers vont significativement s'inquiéter ».Déjà, les investisseurs semblent avoir pris acte d'un prochain abaissement de la notation financière du pays. Depuis la mi-février, les intervenants négocient les titres de dette britanniques à 10 ans contre une rémunération plus élevée que leurs équivalents italien et espagnol. L'agence Standard & Poor's attribue pourtant la note AA+ à l'Espagne et A+ à l'Italie, respectivement inférieures de un cran et de quatre crans au AAA britannique, synonyme de sécurité maximale pour les investisseurs obligataires.l'accélération de l'inflation« Les trois composantes qui déterminent le rendement des titres de dette britanniques sont le risque de change, le risque inflationniste et le risque de crédit », explique René Defossez, stratégiste taux chez Natixis. C'est cette dernière composante qu'intègrent aujourd'hui les marchés. L'accélération de l'inflation, nettement plus élevée au Royaume-Uni qu'en Europe, avait déjà conduit les opérateurs à exiger davantage de rendement sur la dette britannique en fin d'année dernière. Mais il devrait être temporaire et permettre à la Banque d'Angleterre de se focaliser sur la croissance.« Compte tenu de prévisions [économiques] peu réjouissantes, on peut imaginer la Banque d'Angleterre recourant à un nouvel assouplissement quantitatif », estime la banque JP Morgan. Destiné à faire baisser les taux d'endettement à long terme, ce programme, aujourd'hui achevé, avait conduit l'institution à acheter l'équivalent de 79 % des 225 milliards de livres d'émissions de dette gouvernementale en 2009. Une rallonge ne serait pas un luxe alors que le Royaume-Uni devrait émettre près de 200 milliards de livres de dette cette année. Julien Beauvieux

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