La nouvelle coqueluche du capital-investissement ? C'est... la Grèce

Les fonds de capital-investissement se sont découvert un nouvel eldorado. Et il ne s'agit pas de l'Amérique du Sud, ni de la Chine, ni de l'Afrique mais... de la Grèce. Les fonds américains TPG et BC Partners sont sur les rangs pour racheter les 33% du capital de la loterie nationale OPAP mis en vente par le gouvernement grec, dans le cadre des privatisations exigées par le FMI (Fonds monétaire international), la Commission européenne et la BCE (Banque centrale européenne), en contrepartie du sauvetage financier du pays. Une participation valorisée 660 millions d'euros environ, sur la base du cours de Bourse actuel de la société. Deux mois avant cette opération, un autre fonds de private equity américain, Rhone Capital, avait offert de racheter 39% du fabricant grec de matériaux de construction S&B Industrial Minerals. En janvier toujours, le fonds américain Paine & Partners avait acquis 56,5% du spécialiste des équipements d'irrigation Eurodrip auprès de la société de capital-investissement grecque Global Finance.Des valorisations qui demeurent attrayantesPourquoi les fonds de private equity étrangers ont-ils les yeux de Chimène pour un pays en récession depuis cinq ans, et dont le Produit intérieur brut (PIB) devrait encore se contracter de 4,5% en 2013 ? D'abord parce que la Banque centrale grecque prévoit une amélioration de la conjoncture économique à partir de 2014. Ensuite, parce que la Bourse d'Athènes a rebondi de 42%, au cours des six derniers mois. Ce qui, d'une part, accrédite l'hypothèse d'une prochaine entrée en convalescence du pays et, d'autre part, favorise les cessions d'entreprises, les vendeurs ayant moins le sentiment de brader leur société. De fait, Global Finance a cédé ses 56,5% d'Eurodrip à Paine & Partners pour 68 millions d'euros. Un montant près de deux fois supérieur à sa mise de départ. Enfin, malgré ce rebond boursier, les valorisations demeurent attrayantes : la Bourse d'Athènes se paie 0,84 fois seulement l'actif net, contre un multiple de 1,20 pour l'indice Dow Jones Euro Stoxx 50.Des choix axés sur des entreprises internationalesCette soif d'achats n'empêche pas les fonds de private equity de se montrer éminemment sélectifs. Leurs préférences vont à des entreprises grecques très internationales, et donc faiblement dépendantes de l'économie du pays. Comme Eurodrip, qui réalise 93% de son chiffre d'affaires à l'étranger, ou S&B Industrial Minerals, présent dans quelque 70 pays. Si le capital-investissement juge les PME grecques encore trop risquées, le Qatar, lui, ne partage pas cette opinion. Fin janvier, le riche émirat gazier a lancé avec la Grèce un fonds d'investissement d'un montant de deux milliards d'euros, abondé à parité par les deux pays, et destiné à prendre des participations dans des PME grecques. Un signal fort pour l'ensemble des investisseurs, le Qatar n'étant pas réputé pour ses investissements à fonds perdus! 

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