L'accord Chine-Asean, un premier pas vers un marché régional

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La suppression mise en ?uvre le 1er janvier par la Chine et l'Asean (nations du Sud-Est asiatique) de la quasi-totalité des droits de douane va permettre de créer à terme la troisième zone de libre-échange de la planète forte de 1,9 milliard d'habitants. Limité dans un premier temps aux six pays les plus avancés de l'Asean (Thaïlande, Indonésie, Brunei, Philippines, Singapour, Malaisie), l'accord devrait être étendu à partir de 2015 à la Birmanie, au Laos, au Vietnam et au Cambodge.Négocié depuis 2002, ce projet s'est déjà traduit par la suppression, dès 2005, de droits de douane sur plusieurs centaines de produits, propulsant les échanges dans la région à 231 milliards de dollars, contre 78 milliards de dollars en 2003.Parmi les pays de l'Asean, l'accord, qui touche 7.000 produits, soit 90 % des échanges commerciaux, est diversement perçu par les milieux d'affaires. Si la Malaisie, aux ambitions high-tech, espère bénéficier de la mesure, des pays comme le Vietnam, producteur de marchandises à faible valeur ajoutée, ont tout à craindre de la concurrence du géant chinois. Même les entreprises indonésiennes réclament du temps : « Si le gouvernement met en place l'accord maintenant, beaucoup d'industries vont mourir », a estimé Airlangga Hartarto, un député. Pour Pékin, l'accord offre un accès privilégié aux matières premières que détiennent encore des pays comme l'Indonésie et dont la Chine a le plus grand besoin pour poursuivre son essor économique.Côté occidental, cette entente asiatique inspire un certain scepticisme. Les experts minimisent la portée de ce qu'ils considèrent comme « une série d'accords commerciaux bilatéraux plus qu'un véritable accord de libre-échange passé entre la Chine et l'Asean en tant que bloc », estime Michel Fouquin, directeur adjoint du Cepii.optimisme modéréDes centaines de produits jugés sensibles échappent à la suppression des droits de douane, comme les équipements électroniques, les moteurs de véhicule, les pièces auto, les produits chimiques et notamment agricoles. « Au total, ce sont des pans importants des économies qui demeurent protégés », observe Michel Fouquin. De plus, « il semble qu'aucun mécanisme de règlement des différends n'a été créé, si bien qu'on ne sait pas ce qui se passera si l'un des pays ne respecte pas l'accord qu'il a sign頻, ajoute-t-il. André Chieng, président de la société de conseil aux entreprises Aec, affiche le même optimisme modéré. Pour lui, « on est loin du modèle de l'Europe qui, après avoir fondé la Ceca (Communauté européenne du charbon et de l'acier), a poursuivi au fil des décennies son intégration sur le plan monétaire puis politique, même si cela est très compliqu頻.Laurent Chemineau

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