Quelles conséquences judiciaires  ?

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Champions mondiaux des poursuites judiciaires, les Américains ne devraient guère faire mentir leur réputation avec cette marée noire, la plus importante qu'ait jamais connue les États-Unis. Daniel Becknel, avocat à la Nouvelle-Orléans, a ainsi expliqué à l'AFP qu'il recevait 200 plaintes individuelles « par heure ouvrée ». Par des pêcheurs, des ostréiculteurs, des restaurateurs, etc.Déjà 180 « class actions »Les plaintes en nom collectif (les fameuses « class actions » américaines) se multiplient également. Les tribunaux fédéraux des États côtiers, et notamment de Louisiane, en dénombrent déjà 180.Les entreprises visées par ces plaintes sont les quatre qui sont impliquées dans la catastrophe, à savoir la filiale américaine de BP, Transocean, Halliburton et Cameron. Toutes ces sociétés ont un siège à Houston, au Texas, et elles devraient donc faire pression pour que la procédure y soit transférée. Actionnaires lésésLes actionnaires de BP, également, pourraient demander des comptes au pétrolier britannique, généralement très généreux avec eux. Ce mois-ci, BP doit en principe leur verser 10,4 milliards de dollars de dividendes. Mais des sénateurs américains ont écrit au patron de BP pour lui demander de renoncer à ce paiement tant que le coût de la marée noire n'aura pas été calculé. Une telle décision ne manquerait pas de susciter des ripostes en justice des actionnaires, qui ont vu par ailleurs leurs titres plonger de 35 % en Bourse.Il est donc fort probable que certains d'entre eux seront tentés de demander des comptes à BP sur ses méthodes et ses manquements aux règles de sécurité.Dix-neuf ans de procédure pour l'« Exxon Waldez »La facture pourrait donc s'avérer très lourde au final pour BP et les autres groupes impliqués. Seule certitude : les diverses procédures dureront certainement de longues années. Pour la marée noire de l'« Exxon Waldez », survenue en 1989, une cour de l'Alaska avait rendu un premier jugement en 1994, condamnant le pétrolier Exxon à 5 milliards de dollars de dommages et intérêts (une année de ses bénéfices de l'époque). Le groupe a fait appel et obtenu, en décembre 2006, une diminution de moitié de ce montant. Puis la Cour suprême s'est saisie de l'affaire et, en 2008, elle a finalement ramené la somme à 500 millions de dollars...

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