Les marchés continuent de broyer du noir

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Au lendemain d'un nouveau vent de panique sur les marchés, l'exercice était particulièrement délicat. Le Portugal ne s'en est pas trop mal sorti?: contrairement à l'Italie une semaine avant, l'émission portugaise de 500 millions d'euros d'obligations à six mois n'a pas laissé les investisseurs de marbre. Mais les risques pesant sur la dette du pays ont poussé le taux d'emprunt à une moyenne de 2,95 %, les dernières demandes (non servies) évoluant aux alentours de 3,8 %.L'opération n'a pourtant pas eu valeur de test pour les marchés. Car dans la foulée, l'annonce par Moody's d'un probable abaissement de la note du Portugal dans les trois mois à venir a fini par casser la résistance qui dominait le matin sur les marchés d'actions. L'annonce a remis un peu plus la pression sur le compartiment des banques très exposées aux emprunts d'État. L'Euro Stoxx bancaire a perdu jusqu'à 4,50 % en séance. De leur côté, les indices boursiers n'étaient pas mieux lotis. Le CAC 40 a perdu 1,44?%, tandis que la palme revenait encore aux indices espagnol et portugais, l'Ibex et le PSI ayant conclu sur des baisses de 2,27?% et 1,42?%.Au-delà du risque souverain et du spectre d'une contagion de la grippe financière aux maillons faibles de l'Europe, c'est la glissade continue de l'euro - qui évoluait mercredi sous 1,29 dollar - qui tend à faire fuir les investisseurs des marchés d'actions européens. Un facteur qui accentue un peu plus l'écart de performance entre les marchés boursiers de part et d'autre de l'Atlantique. Si les places européennes sont toutes dans le rouge depuis le début de l'année, les indices américains affichent encore des hausses comprises entre 4 % et 6 %.Pourtant, depuis le début de la saison des résultats trimestriels, les entreprises ont publié des performances supérieures aux attentes dans 73 % des cas. Mais « peut-être en partie sous l'influence de la crise grecque, les investisseurs ont une perception plus mitigée de ces publications européennes », soulignent les experts d'Aurel BGC. Ceux-ci relèvent que, si les bonnes surprises européennes viennent pour l'essentiel de secteurs défensifs tels que les télécoms ou les services énergétiques (utilities), elles émanent plutôt de secteurs plus cycliques (notamment technologiques) aux États-Unis. Signe que, au-delà du risque souverain, la conjoncture est plus vaillante outre-Atlantique. Gaël Vaut

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