Zone euro : le coup de gueule des économistes allemands

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Les universitaires allemands font de la résistance. Dans un appel à paraître vendredi 6 juillet, quelque cent-cinquante économistes de langue allemande s\'en prennent aux nouvelles orientations de la politique européenne. Une semaine après le dernier sommet européen, qui ouvrait la voie à une union bancaire et à un refinancement des Etats en crise par le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), ils font part de leur « forte inquiétude » face à la « mise en commun des garanties sur les dettes des banques » et l\'utilisation du MES.\"L\'appel de la dernière chance\" « Cet appel est celui de la dernière chance. La voix vers une union fiscale est bonne mais pas à n\'importe quel prix. Tant qu\'il n\'y a pas de budget et de de politique financière commune, avec ce que cela requiert en termes de contrôle et de mécanisme de sanctions, il ne pourra y avoir d\'union fiscale », précise Klaus F. Zimmermann, directeur de l\'Institut d\'Etudes du Travail (IZA), et ancien directeur du DIW berlinois, qui est un des signataires de l\'appel. Une critique partagée par Charles Blankart, conseiller spécial au ministère de l\'Economie et autre signataire de cet appel qui estime que les gouvernement auraient dû accepter la faillite de certaines banques.Laisser les banques faire failliteD\'après lui,« les gouvernements nationaux ne pourront pas sauver toutes les banques, il y aura des faillites. Si on n\'accepte pas ces faillites, on favorise le risque moral et donc les futures crises. » Un aléa moral qui a selon lui déjà coûté très cher aux contribuables européens : « tout a commencé avec la première aide de 110 milliards à la Grèce en 2010. Aujourd\'hui, le MES représente 2.000 milliards d\'euros de garanties, en incluant l\'union bancaire, on atteint la somme délirante de 11.000 milliards, soit 100 fois l\'aide initiale.L\'Allemagne a un PIB de 2.300 milliards d\'euros, c\'est largement au-dessus de qu\'elle peut supporter »Une forte mobilisation des élitesParmi les élites allemandes, cette mobilisation n\'est pas la première du genre. Du président des exportateurs allemands Anton Börner, au « roi de la vis » Reinhold Würth, en passant par Hans-Olaf Henkel, ancien patron des patrons devenu un des leaders eurosceptiques, de nombreuses figures de la société civile s\'en sont pris à l\'euro ou aux choix des dirigeants européens. On se souvient aussi du recours de quatre universitaires devant la cour de Karlsruhe en mai 2010, pour faire annuler le premier plan de sauvetage grec. Récemment, le polémiste Thilo Sarrazin a fait un grand succès de librairie avec son ouvrage \"l\'Europe n\'a pas besoin de l\'euro\" où il accuse le gouvernement allemand d\'accepter de payer pour les pays de la zone euro par mauvaise conscience historique. L\'été dernier, plus de 200 patrons avaient signé la Berliner Erklärung, manifeste rédigé par la Fondation des entreprises familiales, qui dénonçait « la voie néfaste prise par Angela Merkel avec sa politique de sauvetage permanent de l\'euro ». Il y a un mois, la Berliner Erklärung II enjoignaient les députés à ne pas ratifier le MES. Face aux critiques qui accusent l\'Allemagne d\'imposer un« diktat » allemand sur la politique européenne, Charles Blankart se dit perplexe : « on ne comprend pas l\'Allemagne de l\'étranger, ni à Londres et ni à Paris, l\'Allemagne est exploitée par les autres pays européens». 

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