L'Asie, en surchauffe, se prépare à de prochaines hausses de taux

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L'Asie continue de filer à toute allure. Preuve en est, l'Australie, pays à la périphérie du continent qui profite à plein de la demande chinoise, a annoncé mardi son intention de faire un nouveau pas dans sa politique de resserrement monétaire. Sydney a en effet relevé pour la cinquième fois depuis le mois d'octobre 2009 son principal taux directeur, le portant cette fois de 4 % à 4,25 %. Selon Glenn Stevens, le gouverneur de la Banque centrale, ce geste constitue « un pas de plus » vers une normalisation. Et laisse supposer que le mouvement n'est pas fini. La plupart des pronostics tablent sur des taux à 5 %, voire 5,25 % d'ici à la fin de l'année. « Et cela ne signifie pas forcément que la moyenne soit un point d'arrêt », estime Rory Robertson, stratège chez Macquarie. La semaine dernière, le gouverneur australien avait déjà pointé du doigt la hausse excessive des prix de l'immobilier. L'Australie n'est toutefois pas le seul pays à voir poindre des risques de surchauffe. l'inde la première«La plupart des pays de la région vont devoir procéder à des hausses de leur taux directeurs », résume Sébastien Djaoui, avant de souligner le dilemme auquel ils restent soumis. « Ils hésitent cependant à mener ces hausses rapidement. Ils ne veulent tout simplement pas risquer de saper leur reprise en provoquant l'appréciation de leur devise par rapport au yuan. » Avec la Malaisie, l'Inde a été la première à initier le mouvement, en mars dernier (3,5 %) et pourrait serrer de nouveau la vis dès le 20 avril prochain. Sur des bases différentes, les Philippines, l'Indonésie et la Malaisie pourraient connaître des appréciations de l'ordre d'1 pour cent sur l'année. De leur côté, la Thaïlande, Taïwan, la Corée du Sud et Singapour, une hausse inférieure à 1 pour cent. La Chine pour laquelle le consensus fait ressortir une hausse de 12 % de la croissance et de 2,3 % de l'inflation au premier trimestre risque également de ne pas pouvoir faire l'économie d'un resserrement monétaire. Le consensus table sur une hausse de 80 points de base sur l'année. Même si le cas de Hong Kong est encore à part, « l'économie est en ébullition, le chômage est faible et théoriquement les taux devraient monter », constate Xavier Linsenmaier, gérant chez Acropole Gestion, « or, les dépôts hong kongais ne sont actuellement rémunérés qu'à 0,11 %». Une situation qui s'explique par l'afflux de liquidités entre ceux qui spéculent sur une rupture de l'arrimage du Hong Kong au dollar et les Chinois du continent qui investissent leur épargne sur cette place offshore ». selon lui, « tout est réuni pour une belle bulle immobilière ».

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