A Londres, le nouvel exécutif fait face au déficit

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Pauvre nouveau gouvernement britannique ! Celui qui s'est levé Premier ministre ce vendredi matin - à moins que les résultats soient tellement serrés qu'une coalition se négocie dans les jours à venir?-, n'aura pas la tâche facile.La toute première urgence qui s'impose concerne le déficit budgétaire. Celui-ci atteint cette année (2009-2010) 12,2 % suivant les critères européens, soit 163 milliards de livres (191 milliards d'euros). À tel point que certains s'inquiètent d'un scénario catastrophe, qui verrait la Grande-Bretagne forcée d'appeler le Fonds monétaire international à la rescousse. Une issue peu probable, en particulier parce que la dette n'est pas excessivement élevée, atteignant environ 80 % du PIB (deux fois plus qu'avant la crise !). Jusqu'à présent, les obligations d'État britanniques se sont bien vendues.report de l'âge de la retraitePour réduire le déficit, tous les partis ont tenu un langage dur, promettant des coupes budgétaires violentes. Mais aucun ne s'est aventuré dans le détail de ce qu'il entendait vraiment couper. Selon l'Institute for Fiscal Studies, les partis ont dévoilé entre 14 % (les travaillistes) et 25 % (les libéraux-démocrates) des mesures qu'ils devront prendre.Un exemple donne une idée de l'ampleur de la tâche. Les conservateurs ont annoncé un gel du salaire des fonctionnaires (sauf sur les plus bas salaires) ; une réduction des allocations familiales pour les ménages les plus aisés ; un report de l'âge de la retraite de 65 ans à 66 ans dès 2016. Pour aussi spectaculaires qu'elles soient, ces mesures économiseraient... 8 milliards d'euros la première année. Soit 4 % du problème.De plus, les partis politiques ont fait preuve d'un silence presque complet sur de possibles hausses d'impôts. Seuls les travaillistes affirment vouloir augmenter les contributions sociales de 1 % l'année prochaine. Les conservateurs s'y opposent. Beaucoup d'économistes soupçonnent une hausse de la TVA, peut-être de deux points.Reste une dernière solution, dont personne ne parle mais qui est la plus facile : laisser filer l'inflation, en dévaluant la livre sterling. L'indépendance de la Banque d'Angleterre rend une telle stratégie difficile à mettre en oeuvre. Mais la rigueur prônée à grands cris par les hommes politiques pourrait se heurter à la réalité politique.

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