Ecoles, policiers, fonctionnaires : l'austérité britannique frappe tous les secteurs

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David Cameron est en train de payer l'une de ses principales promesses électorales : ne pas toucher au budget de la santé. Si le premier ministre britannique a fait campagne en promettant la rigueur, il a aussi apporté une garantie : le budget du National Health Service (NHS), le système de santé britannique entièrement gratuit, augmentera chaque année en valeur réelle. Sa promesse visait avant tout à recentrer politiquement le parti conservateur, soupçonné par l'électorat de vouloir réduire - voire de privatiser - le système de santé. Le problème est qu'à 122 milliards de livres (150 milliards d'euros), soit 17 % du budget de l'État, la santé est le deuxième poste de dépenses du gouvernement britannique, derrière les allocations sociales. En préservant la santé de la vague de rigueur annoncée fin juin (pour réduire le déficit de 10,1 % du PIB cette année à 1,1 % en 2015-2016), Downing Street doit du coup être beaucoup plus sévère sur les dépenses des autres ministères. Au total, ces dernières devront être réduites de 25 % en valeur réelle sur cinq ans. Le détail des réductions budgétaires ne sera dévoilé que le 20 octobre. Mais les premiers signes concrets se font sentir.Trois exemplesPremier exemple : le bureau de prévisions économiques du gouvernement table sur la suppression de 610.000 emplois dans la fonction publique dans les cinq années à venir. David Cameron a d'ailleurs commencé à aiguiser les couteaux : ce mardi, son gouvernement a proposé de réduire les indemnités de licenciement des fonctionnaires à 15 mois de salaire au maximum, contre une moyenne de 36 mois actuellement. Les fonctionnaires menacent de lancer de grands mouvements de grève en rétorsion. Deuxième exemple : un plan de rénovation de 720 écoles vient d'être abandonné ce lundi, terrains de sport ou laboratoires de sciences en faisant les frais. Troisième exemple : le nombre de policiers va diminuer, comme l'a reconnu la ministre de l'Intérieur, Theresa May. Leur nombre précis n'a pas été donné, mais Colin Talbot, professeur à Manchester Business School, estime que cela pourrait concerner 35.000 officiers et 20.000 personnels administratifs. Cela contredit la promesse électorale de David Cameron de ne pas soumettre les services publics directement au contact du grand public à l'austérité. La rigueur reste cependant relativement populaire. Un sondage YouGov indique que 41 % des Britanniques estiment que le budget était une bonne chose, contre 32 % qui s'y opposent. Éric Albert, à Londre

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