L'OCDE critique les politiques migratoires

Le contexte de crise économique et la volonté des pays riches de mieux contrôler les flux de travailleurs migrants qui arrivent chez eux donnent un relief particulier au rapport que l'OCDE a publié hier. Intitulé Perspectives des migrations internationales, ce document critique vertement les politiques que mettent en oeuvre les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques visant à utiliser de manière temporaire les flux d'immigrants pour satisfaire leurs besoins en main-d'oeuvre : " Un pays ne peut pas fonder sa politique migratoire uniquement en faisant l'hypothèse que les travailleurs immigrants ne resteront que peu de temps. Une telle approche n'est ni efficace ni réaliste ", dit-elle.DURCISSEMENT DES POLITIQUESEn 2006, l'immigration légale à caractère permanent a crû de 5 % dans les pays industrialisés (à 4 millions), marquant ainsi un recul par rapport aux années précédentes (12 % en 2005 et 18 % en 2004). Elle est le fait des regroupements familiaux, des demandeurs d'asile et, dans une moindre mesure, des chercheurs d'emplois. Par contraste, le rapport souligne que le nombre de travailleurs migrants peu qualifiés, entrés dans les pays de l'OCDE à titre temporaire, est d'environ 2,5 millions, trois fois le nombre des entrées de travailleurs migrants permanents. Or les besoins en travailleurs affichés dans l'hôtellerie, la restauration, le bâtiment, le nettoyage ou les services à la personne " sont de nature permanente et doivent donc être satisfaits par des migrations de long terme ", affirme l'OCDE. La semaine passée, une conférence d'experts, réunie à Dakar, a également fustigé le durcissement des politiques d'entrée des migrants africains. " On ne fait que commencer à voir les effets du ralentissement économique ", s'est alarmée Maria Teresa Rojas, vice-directrice d'Open Society Institute (Osi). L'Espagne, qui est en tête des destinations des chercheurs d'emplois venus d'Afrique de l'Ouest et dont l'économie est très touchée par la crise, pourrait même fermer le robinet des visas pour nombre de ces migrants par crainte du chômage. Ce réflexe de prudence est sans doute explicable mais il inquiète l'OCDE. Pour elle, " le manque de possibilités d'entrées légales pour les personnes exerçant des professions ", dans les services peu qualifiés, explique que " dans beaucoup de pays, une partie de ces emplois sont occupés par des immigrés irréguliers ". D'autant que " les immigrants, hommes et femmes, gagnent significativement moins que leurs rivaux nationaux " (de l'ordre de 20 % de moins aux États-Unis), rappelle le rapport. Très logiquement, pour ces travailleurs issus de pays en développement, la condition du retour tient à l'amélioration de la situation politique, économique et sociale du pays d'origine, plus qu'aux " programmes de retours volontaires assistés " mis en oeuvre par les pays d'accueil, conclut l'OCDE.

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