L'inflation est-elle un tigre en papier  ?

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Existe-t-il un risque inflationniste en France ? Certes, l'indice des prix à la consommation n'a progressé que de 0,1 % entre avril et mai selon l'Insee. C'est peu, pour ne pas dire anecdotique. En revanche, il affiche une hausse de 1,6 % sur un an, tiré essentiellement par l'augmentation des prix de l'énergie (+ 13 % sur un an) et des produits frais (+ 7 %) que ne compensent pas les baisses des prix des transports et communications (-1,7 %) et des produits de santé par exemple (-1,6 %).Le pouvoir d'achat est pénaliséSur cette question, les avis des économistes sont assez tranchés. Cette remontée annuelle des prix a surtout pour effet de rogner le pouvoir d'achat des ménages et donc de peser sur leur consommation, une consommation qui n'affiche pas le même dynamisme qu'au cours des premières années de la décennie, période au cours de laquelle elle progressait à un rythme annuel supérieur à 2 %. Au premier trimestre, elle est restée stable, alternant les hausses et les replis mensuels. Si elle est assez forte pour freiner les dépenses des ménages, la hausse des prix n'est toutefois pas assez puissante pour que le spectre inflationniste menace réellement le timide redémarrage de l'activité. « Intrinsèquement, notre économie ne génère que très peu d'inflation », estime Alexander Law chez Xerfi. Ainsi, l'indice des prix « sous-jacent » qui ne prend pas en compte l'évolution des prix des éléments volatils comme l'énergie et les produits frais, ainsi que les tarifs administrés, est resté stable en mai et ne progressait que de 1,4 % sur un an. « Il n'y a surtout pas à craindre d'effets de second tour dans l'économie française, car la sous-utilisation de l'outil de production et l'état dégradé du marché du travail empêchent tout dérapage des salaires et des prix pratiqués par les entreprises. Bien au contraire, dans la conjoncture actuelle, le risque le plus important que court la France est celui de voir surgir des poches de déflation, à commencer par les salaires », poursuit l'économiste.Un avantage pour réduire le coût de l'endettement Alors ? Rassurés ? La question n'a peut-être pas réellement de sens. Dans des limites évidemment acceptables, un retour de l'inflation ne serait peut-être pas si catastrophique pour l'économie, surtout s'il est provoqué par une augmentation des salaires, supérieure à celle des prix. Autre avantage, lorsque le niveau de l'inflation est supérieur à celui des taux d'intérêts, l'augmentation des prix a le mérite, mécanique, de réduire le coût et donc le poids de l'endettement pour l'Etat, les entreprises et les ménages.

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