L'Agirc-Arrco doit faire face à des décaissements de court terme

Au cours de l'année 2009, l'Agirc-Arrco (régime de retraite complémentaire par répartition des salariés et cadres) a enregistré des déficits au niveau du résultat global c'est-à-dire sur les opérations de retraite et la gestion financière. C'est plus tôt que prévu puisque les hypothèses retenues ne le prévoyaient pas avant 2015. « La dégradation de l'environnement économique nous a davantage pénalisé que la situation des marchés financiers, indique Philippe Goubeault, directeur financier de l'Agirc-Arrco. Le montant des cotisations encaissées a baissé de 2,5 % pour l'Agirc et de 1 % pour l'Arrco en 2009 ». Et cela devrait se poursuivre en 2010, la situation sur le marché du travail ne s'améliorant pas. S'ajoute l'incidence de la démographie sur les charges. Résultat : 6 milliard d'euros de décaissements pour 2009 et 2010 et 4,9 milliards d'euros estimés pour 2011. « C'est supportable pour nos réserves qui seront d'environ 58 milliards d'euros à la fin de l'année », rassure le directeur financier. Et d'ajouter : « En période de transition, les réserves jouent bien leur rôle de financement complémentaire des régimes de retraite. » Mais à ce rythme là, et à hypothèses économiques et réglementation inchangée, les caisses de l'Agirc seront vides en 2016 et celles de l'Arrco en 2020.Moins s'exposer aux actionsL'Agirc-Arrco a donc entamé ces derniers mois une réflexion, aidé par les cabinets de consultants Bfinance et Fixage, sur son allocation stratégique actuellement composée à 70 % de taux et 30% d'actions. Des orientations sur l'allocation d'actifs stratégique ont été définies, mais aucune décision n'a à ce jour été arrêtée, des négociations entre les partenaires sociaux sur l'avenir des régimes complémentaires devant d'abord avoir lieu. La première réunion est fixée au 25 novembre. Toutefois, les études réalisées à partir de certaines hypothèses vont toutes dans le même sens : être moins exposé sur les actions et réduire la duration sur les taux.En attendant, l'Agirc-Arrco doit gérer le court terme avec les décaissements de 2011. Pour cela, les régimes complémentaires ont créé quatre fonds obligataires dédiés. Amundi, Axa IM, BNP Paribas AM et Natixis AM se sont vues confier la gestion d'un fonds d'un encours d'environ 1,2 milliard d'euros chacun avec des maturités de 3 mois, 6 mois, 9 mois et 12 mois correspondant aux périodes de décaissement trimestriels. Indirectement, cela a modifié l'allocation du régime puisque pour financer les décaissements il faut liquider des actifs et placer le cash dans ces fonds obligataires de court terme. T. S.

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