Pourquoi Easyjet va dégager en 2013 les plus gros bénéfices de son histoire... malgré la crise

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L\'année 2013 devrait être l\'occasion pour Easyjet d\'enregistrer des bénéfices record. Après avoir réduit par deux sa perte avant impôts au premier semestre (clos fin mars) de son exercice 2013, la compagnie table sur une amélioration de ses gains au deuxième semestre. Du coup, la directrice générale de la compagnie à bas coûts, Carolyn Mc Call, prévoit « d\'améliorer la profitabilité d\'Easyjet sur l\'ensemble de l\'exercice », lequel s\'achèvera le 30 septembre prochain. Les bénéfices avant impôts seront donc supérieurs aux 317 millions de livres dégagés l\'an dernier - un record ! - et seront par conséquent les plus importants jamais enregistrés par la compagnie depuis sa création il y a 18 ans.Les vacances de Pâques sont bien tombéesAu cours du premier semestre (octobre-mars), Easyjet, a fait état mercredi d\'une perte avant impôt de 61 millions de livres (72 millions d\'euros), contre une perte de 112 millions l\'an dernier. Le tout pour un chiffre d\'affaires en hausse de 9,3 %, à 1,6 milliard de livres. Ces pertes n\'ont rien d\'étonnant. Chaque année, la compagnie se retrouve dans le rouge au premier semestre - une période de basse saison -, en raison de la très forte saisonnalité de son activité. Cette année, les pertes sont moindres en raison des vacances de Pâques qui sont tombées en mars et par un niveau élevé de réservations de clients britanniques et d\'Europe du Nord désireux d\'échapper à un hiver rigoureuxHausse de 4,3 % des voyageurs d\'affairesSurtout, le nombre plus élevé d\'hommes d\'affaires sur les lignes d\'Easyjet (+ 4,3 % au premier semestre), contribue fortement à sa performance. Avec la crise, Easyjet profite en effet de la restriction des budgets voyages des entreprises. Représentant plus de 25 % des passagers de la compagnie orange, les hommes d\'affaires ont le double avantage de se déplacer tout au long de l\'année (et donc de réduire la saisonnalité) et d\'augmenter la recette unitaire en raison notamment de leur réservation plus tardive que les passagers loisirs, à un moment où les prix sont plus élevés. Le revenu moyen par siège de la compagnie a ainsi progressé de 8,6 % au premier semestre. C\'est là le fruit d\'une stratégie focalisée sur cette clientèle. Pour la conquérir Easyjet n\'a pas hésité à tordre le cou à de nombreux principes du low-cost aérien qui voulaient qu\'une compagnie à bas coûts utilise les aéroports secondaires et se passe d\'intermédiaires pour la vente de billets. Au contraire, Easyjet est présente sur les grands aéroports et a signé des accords avec les GDS tels qu\'Amadeus ou Galileo, ces systèmes de distribution utilisés par les agents de voyages, lesquels verrouillent encore le marché des entreprises. Cette stratégie est payante (lire ici : la chasse aux hommes d\'affaires fait bondir les bénéfices d\'Easyjet).Gain de parts de marchéElle s\'accompagne d\'une gestion fine du réseau et des capacités. Ainsi, la direction n\'a pas hésité à fermer cet hiver sa base de Madrid et de redéployer les avions vers des routes plus rentables. Couplée à une baisse de voilure des autres transporteurs, la performance d\'Easyjet s\'est améliorée. L\'offre en sièges de ses concurrents a diminué de 2,8 % sur les routes opérées par la compagnie britannique. De fait, Easyjet, comme Ryanair, continue de gagner des parts de marché.

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