La coalition gouvernementale britannique a des états d'âme

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Le 12 mai 2010, les libéraux-démocrates britanniques et leur leader Nick Clegg étaient enthousiastes au lancement de leur aventure gouvernementale aux côtés des conservateurs de David Cameron. Deux ans plus tard, ce dernier a pour la première fois officiellement exposé les difficultés rencontrées par cette union dans une lettre ouverte publiée dans le Sunday Times.Idéologiquement, la formation de cette coalition n’avait pas été sans soulever de réels problèmes éthiques, tant les deux partis se situaient sur des positions radicalement différentes. Sur les impôts, sur l’appréhension de l’Etat et de son rôle, sur les services sociaux, et évidemment sur la diplomatie et sur la vision de l’Europe, le fossé paraissait incomblable.Innombrables couleuvresAu cours de ces deux dernières années, les membres du Lib-dem ont ainsi dû avaler d’innombrables couleuvres pour respecter leur pacte d’alliance et demeurer au pouvoir, au nombre desquelles le triplement des frais universitaires que Nick Clegg promettait d’abolir ou la forte réduction des aides sociales. Il leur aura pourtant fallu être giflé par l’échec de la réforme de la chambre des Lords la semaine dernière pour se voir confirmer que ces innombrables concessions n’avaient servi à rien.Nick Clegg pouvait ensuite menacer son allié qu’« un accord est un accord et il est important que vous vous conformiez à cet accord et au contrat que vous avez signé » et se confortait derrière la confirmation que la majorité de la population est favorable à sa réforme, il apparaît aujourd’hui comme un politicien ridiculisé et un chef de parti déconsidéré.Les deux camps ont besoin l\'un de l\'autreCe n’est donc pas tant le rejet en lui-même de la réforme que ses conséquences qui inquiètent David Cameron et ont provoqué son appel au rassemblement. Le Premier ministre a en effet besoin du soutien des libéraux-démocrates pour poursuivre sa politique ; il a donc besoin d’un leader libéral-démocrate solide et incontesté.Son appel à l’unité n’était donc pas tant dirigé vers ses alliés que vers les membres de son propre parti. Si ces derniers ne s’étaient pas opposés à la réforme, le Lib-dem se serait rangé sans trop râler derrière le parti conservateur lors des prochains votes à la chambre des communes et la voie aurait été libre pour ses multiples réformes.La situation est aujourd’hui compromise car Nick Clegg va assurément revenir à la charge, désireux d’obtenir des compensations pour contenter ses collègues désabusés. De là à faire exploser la coalition « avant les élections de 2015 », comme l’estime le responsable conservateur Graham Brady ? Sans doute pas, tant les deux camps ont besoin de l’un et de l’autre.

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