L'industrie aéronautique et de défense se consolide

cite>Safran est actuellement l'un des principaux animateurs des fusions-acquisitions en France, en Europe et aux États-Unis. Alors qu'il va boucler très bientôt l'achat de la filiale de SNPE, SNPE Matériaux Énergétiques, qui fabrique une partie du carburant des missiles nucléaires et du lanceur Ariane 5, il s'est lancé ces dernières semaines sur plusieurs dossiers. Même si, pour l'heure, le vaste échange d'actifs avec Thales (optronique, navigation inertielle, calculateurs) que tente de réveiller le ministère de la Défense en gelant la quasi-totalité des commandes des deux groupes (voir « La Tribune » de vendredi), est froid, selon des sources internes de Safran.En revanche, l'équipementier, avec le feu vert de l'État, a exprimé son intérêt pour Zodiac. Et le groupe présidé par Jean-Paul Herteman s'est porté candidat à l'achat de l'essentiel des activités biométriques de l'américain L-1, indiquait Bloomberg vendredi. Safran, très actif sur le marché de la sécurité encore très morcelé, s'était déjà bien renforcé dans ce domaine en rachetant en septembre 2009, à son partenaire General Electric, 81 % de GE Homeland Protection, qui est un des leaders de la détection de substances dangereuses ou illicites dans les bagages pour les marchés notamment de la sécurité des aéroports.EADS en retraitSi Safran fait feu de tout bois, ce n'est pas le cas de ses compatriotes. EADS n'a réalisé en 2009 que huit opérations pour un montant modeste (environ 45 millions d'euros) contre 19 transactions pour environ 1 milliard en 2008, selon le numéro deux du groupe en charge de la stratégie et du marketing, Marwan Lahoud. Même prudence chez Thales, à qui on a proposé le constructeur américain de satellites Loral (voir page 15). L'électronicien garde aussi une option pour monter de 25 à 35 % dans le groupe naval DCNS.Ce n'est pas par hasard que Safran est aussi actif. Le cabinet de conseil AlixPartners, assurant que les opportunités de fusions-acquisitions vont monter en puissance, a identifié les activités d'aérostructures, de systèmes électriques, de maintenance et réparation « comme étant les plus propices à la consolidation ». Selon le cabinet, cinq des principaux acteurs de ces secteurs ne détiennent respectivement que 40 %, 40 % et 27 % de parts de marché. La recherche d'économies de kérosène, le développement de nouvelles technologies dans les systèmes de propulsion, les systèmes électriques et les métaux composites exotiques seront si stratégiques que les grands donneurs d'ordre et les équipementiers de premier rang seront à l'affût. M. C.

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