Déficits  : l'impossible équation

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La France ne s'est pas réveillée un matin de 2010 avec un problème de déficit et de dette publics. Depuis 1980, le budget de l'État est déficitaire. Mais avec la crise économique et financière, les déboires grecs et le risque de contagion aux autres pays de la zone euro, le rétablissement de nos comptes publics est devenu une priorité nationale. La trajectoire à tenir est connue : ramener le déficit de 8 % du PIB - son niveau attendu à la fin 2010 - à 3 % du PIB en 2013. L'effort à consentir pour revenir dans les clous du Pacte de stabilité à l'échéance annoncée est sans précédent puisqu'il s'agit de réduire le déficit public de 1,7 point de PIB par an, soit un rythme grosso modo trois fois supérieur à ce dont la France a été capable dans les précédentes phases de rétablissement des comptes publics. Et pourtant, dans l'entourage de François Baroin, on se fait insistant alors que doit se tenir, ce jeudi à l'Élysée, la deuxième conférence sur les déficits publics. « Nous sommes obligés de respecter le programme de stabilité et de ramener le déficit à 3 % du PIB. Ce serait irresponsable de ne pas le faire. » Les proches du ministre du Budget, qui écartent les hausses d'impôts pour parvenir à cet objectif - à l'exception notable de la réduction annoncée des niches fiscales et sociales - font donc le pari de la croissance pour atteindre ce Graal des 3 % en 2013.Passer la vitesse supérieureOr, à Bercy, on reconnaît qu'enregistrer 2,5 % de croissance en 2011, hypothèse retenue dans le programme de stabilité, ne sera pas chose aisée. « Si ce chiffre n'est pas atteint, alors on ajustera notre effort sur la dépense », tranche-t-on. Une dépense publique qui a atteint un nouveau record absolu en 2009 à 56 % du PIB. Aucun des acteurs (lire ci-dessous) de celle-ci n'échappera à la rigueur. En 2009, les dépenses publiques ont augmenté de 3 % en volume, très loin de l'objectif de 0,9 % affiché dans le programme de stabilité. La France va donc devoir passer à la vitesse supérieure et c'est tout l'enjeu de la conférence de jeudi. Si la réforme des retraites est censée participer à ce changement de braquet, l'État, les collectivités locales et la Sécurité sociale (notamment, la dépense d'assurance-maladie, qui devrait être mieux contrôlée en cours d'année) devront chacun apporter leur écot à l'effort collectif. Le tout sans que cette austérité ne vienne briser une croissance tout juste frémissante.

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