L'écologie fait les frais de l'austérité budgétaire britannique

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Que reste-t-il de la promesse d'être « le gouvernement le plus vert qui ait jamais existé », faite en mai par Caroline Spelman, la ministre britannique de l'environnement ? Le budget d'austérité de la Grande-Bretagne va être dévoilé ce mercredi après-midi et les programmes environnementaux ne seront pas épargnés par les coupes.Lundi, l'abandon du projet de centrale marémotrice dans l'estuaire de la Severn, un fleuve de l'ouest de l'Angleterre, s'est fait sur l'autel de l'austérité. La très importante marée à son embouchure (14 mètres entre son point haut et son point bas) aurait pu générer potentiellement 5 % de la production électrique britannique. Mais Chris Huhne, ministre en charge du Changement climatique, a jugé le coût du barrage, estimé à 39 milliards d'euros (pour une exploitation de 140 ans), avec d'importantes aides de l'État, « excessif pour les contribuables ». Outre ce projet symbolique, d'autres aides à la réduction des émissions de CO2 pourraient disparaître. Le fonds d'investissement vert, qui va prochainement être créé, a été nettement réduit et devrait atteindre environ le tiers des 7 milliards que souhaitait Chris Huhne. « La taille du déficit britannique a clairement aboli l'ambition de se comparer à l'Allemagne ou à la banque d'investissement européenne », souligne une note de HSBC.Les analystes de la banque identifient d'autres catégories d'aides où des baisses sont possibles. Le gouvernement précédent avait promis une aide de 5.500 euros maximum pour l'achat d'un véhicule électrique, pour un budget total de 260 millions d'euros d'ici 2014. Pour l'instant, le nouveau gouvernement n'a confirmé que 20 % de cette somme.Pour la capture du CO2, les quatre projets de démonstration promis ne seront peut-être pas au rendez-vous. Néanmoins, ceux-ci ne seront pas complètement abandonnés puisqu'au moins 1,2 milliard d'euros y seront consacrés, selon le « Guardian » de mardi.Aides a minimaAutre victime probable des coupes budgétaires, les aides aux ports, pour qu'ils se dotent d'infrastructures adaptées aux énormes éoliennes destinées à la pleine mer. Enfin, les aides au chauffage renouvelable (aujourd'hui essentiellement au gaz, il est responsable de la moitié des émissions de CO2 du pays), qui doivent être mises en place l'année prochaine, risquent d'être minimales.Chris Huhne, militant de longue date en faveur de l'énergie renouvelable, en est donc réduit à promettre « de supprimer les obstacles » aux investissements. « C'est prendre ses rêves pour des réalités [wishful thinking], réplique Caroline Lucas, députée verte britannique. La seule façon de mener les changements nécessaires pour décarboniser notre économie assez vite, c'est un programme d'investissements directs, dirigés par le gouvernement. »

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