Les grèves dans les mines attisent les cours du cuivre

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matières premières«?nous pourrions arrêter la production, ou bloquer les routes. Nous avons de nombreuses options. » Ces quelques mots prononcés hier par Miguel Barraza, porte-parole de la Fédération des mineurs chiliens, ont suffi à inverser la tendance sur le marché du cuivre. Baissier en début de séance, le métal rouge s'est tout d'un coup repris, se dirigeant de nouveau vers le plus-haut sur quatorze mois touché cette semaine, soit 6.992 dollars la tonne. La menace d'une grève chez BHP Billiton, qui renâcle à négocier les salaires dans un de ses dépôts chiliens, est en effet de nature à inquiéter le marché. Le Chili est le premier producteur de cuivre. Et malgré le ralentissement de la demande cette année, les enjeux de production restent prioritaires pour le métal du diable.progression suspecteLes mines de cuivre ont connu de nombreux revers techniques cette année, en plus des grèves. Au lieu de grimper fortement, la production a donc été revue à la baisse de nombreuses fois et devrait au final être équivalente à celle de 2008. En 2010, l'International Copper Study Group anticipe une croissance de 8,3 % de l'offre. Une progression toutefois jugée suspecte, puisque les aléas de production rencontrés les deux dernières années ont toutes les chances de se reproduire. « L'offre de cuivre continue d'afficher la dynamique la plus complexe de l'ensemble des métaux de base », assurent d'ailleurs les analystes de Barclays Capital.Pourtant, la demande n'est pas folichonne si l'on en croit les stocks du London Metal Exchange. Ils ont grimpé de 60 % depuis août, pour atteindre 420.000 tonnes cette semaine, leur niveau d'avril dernier. Une situation qui devrait théoriquement ralentir la hausse des cours. En tant que baromètre des croissances chinoise et américaine ? le cuivre est très utilisé dans la construction et les infrastructures de télécoms ? le métal a été largement utilisé par les hedge funds cette année. Mais après la multiplication par deux des cours cette année, les fonds spéculatifs risquent de prendre leurs bénéfices avant le 30 novembre, préalable au calcul de leurs frais de gestion sur l'année. Les actifs engagés par des hedge funds sur les matières premières ont atteint 60,85 milliards de dollars selon Hedgefund.net, un gain de 7 % sur les dix premiers mois de l'année. Aline Robert

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