Volkswagen va enfin lancer une voiture à bas coûts

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Décidément, les Dacia roumaines de Renault font des émules. « Nous travaillons sur un véhicule à bas prix, à des tarifs logiquement au-dessous de l\'entrée de gamme actuelle de Volkswagen, soit moins de 80.000 yuans (8.500 euros) en Chine. Avec une marque spécifique », confirme au salon de Shanghai Christian Klingler, membre du directoire du groupe Volkswagen en charge des ventes. « La priorité, c\'est la Chine, mais avec des déclinaisons régionales en Russie, en Amérique du sud ou ailleurs dans les pays émergents ». Cette marque viendra-t-elle en Europe de l\'ouest ? « Il ne faut jamais dire non. Mais ce n\'est pas prévu a priori », souligne le dirigeant du premier groupe automobile allemand. Volkswagen s\'inspire-t-il de Renault avec ses fameuses Logan et Sandero ? « On regarde ce que l\'on peut apprendre », assure laconiquement Christian Klingler. « Renault s\'est très bien adapté avec les véhicules à bas coût ». Et le dirigeant cite l\'exemple de la Sandero, « vendue Russie, en Amérique du sud, en Europe »...Lancement vers 2016?Récemment, Martin Winterkorn, président du directoire du consortium de Basse-Saxe, a évoqué des tarifs « entre 6.000 et 7.000 euros » pour la voiture à bas coûts. Le futur véhicule \"low cost\" de Volkswagen ne devrait pas être lancé avant 2016 au plus tôt, selon ce qu\'affirmait en fin d\'année dernière le magazine spécialisé allemand Automobilwoche, qui citait des déclarations d\'Ulrich Hackenberg, directeur de la recherche et du développement de la firme allemande. Une version spécialement adaptée au marché européen pourrait arriver à terme, précisait Automobilwoche. Volkswagen pourrait lancer \"d\'ici à deux ans\" un modèle à bas coûts, assurait pour sa part début octobre 2012 Bernd Osterloh, le président du comité d\'entreprise du groupe automobile au journal économique Handelsblatt. Bisbille avec SuzukiVolkswagen avait noué une alliance avec le japonais Suzuki, spécialiste des petits véhicules pas chers qui est le premier acteur en Inde. L\'allemand détient même 19,9% de son capital. Mais le torchon brûle entre les deux groupes, le japonais, jaloux de son indépendance, reprochant à Volkswagen son impérialisme. Du coup, tous les projets communs ont été gelés et Volkswagen est contraint de développer seul son véhicule à bas coûts.Plus d\'un million d\'unités pour RenaultD\'autres constructeurs sur le segmentLe créneau des modèles à bas coûts - qui ne sont pas d\'ailleurs pas forcément perçus comme tels dans les pays émergents - est occupé en partie par Renault, lequel devrait écouler plus d\'un million de véhicules « Entry » (entrée de gamme) dans le monde cette année, dont la grande majorité sous sa propre marque et le reste sous le label roumain Dacia (en Europe hors Russie et en Afrique du nord). Renault étudie même avec Nissan des véhicules à très bas coûts, avec des modèles prévus autour de 5.000 euros, puis autour de 3.000 ! Le japonais Suzuki, le coréen Hyundai-Kia, l\'américain Chevrolet (GM), sont aussi présents sur le segment des modèles à moins de 8.000 euros avec des véhicules de conception ancienne - contrairement aux Renault. Nissan a annoncé le prochain lancement d\'une marque spécifique pour produits d\'entrée de gamme baptisée Datsun.Chinois et russes aussiLes marques chinoises ainsi que le russe Avtovaz (Lada), d\'ailleurs contrôlé par Renault, disposent également d\'une telle offre, mais il s\'agit ici de véhicules de technologie obsolète sur des plates-formes périmées, avec un niveau de qualité très médiocre. Enfin, l\'indien Tata propose sa voiturette Nano à des prix défiant toute concurrence, mais c\'est un échec total à ce jour ! Ceux qui ont les moyens veulent une vraie voiture, plus statutaire, et, pour les autres, c\'est encore trop cher... Le segment des véhicules à bas prix est très important en Chine et en Inde, ce dernier pays étant le paradis des tout petites voitures. Il y a aussi une forte demande en Russie ou en Amérique du sud, au fur et à mesure de l\'émergence de nouvelles classes sociales un peu plus aisées, et accessoirement en Europe.Très gros investissements La voiture à bas prix est donc désormais une nécessité pour le groupe Volkswagen, en particulier sur la Chine où le groupe allemand investit énormément, avec des objectifs de croissance très ambitieux. Elle lui permettrait de s\'installer sur un créneau porteur, qui lui échappe totalement à ce jour, concurrençant directement les marques locales. « Nous allons investir en Chine 9,8 milliards d\'euros entre 2013 et 2015 », réaffirmait vendredi dernier à Shanghai Jochem Heizmann, membre du directoire du consortium germanique en charge de la Chine. « Nous accroîtrons nos capacités de 2,6 millions de véhicules annuels actuellement à plus de 4 millions d\'ici à 2018 et nos effectifs augmenteront de 75.000 à 100.000 personnes » dans l\'ex-Empire du milieu. Le groupe y construit sept usines, dont cinq doivent démarrer cette année. A ce jour, Volkswagen compte douze sites industriels dans le pays. Deuxième constructeur en Chine derrière GM - en comptant les petits utilitaires produits sur place par l\'américain -, le groupe de Wolfsburg y a écoulé 2,81 millions de voitures l\'an dernier. Il « compte dépasser cette année la barre des trois millions », indique pour sa part à Shanghai Weiming Soh, vice-président exécutif de Volkswagen en Chine.  

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