Les pays émergents gagnent la bataille du FMI

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La question a occupé une grande partie du dîner de jeudi soir. Les pays du G20 ont accepté de renforcer le poids des pays émergents au sein du Fonds monétaire international (FMI) en leur transférant 5 % des droits de vote de l'institution. C'est une victoire importante pour ces pays qui réclament depuis des années, sans grand succès jusqu'ici, d'être mieux représentés au sein des institutions de Bretton Woods.La question est inscrite à l'agenda international depuis près d'une décennie. Le Royaume-Uni et ses 60 millions d'habitants, par exemple, détiennent 4,86 % des droits de vote au conseil des gouverneurs du FMI contre seulement 3,66 % pour la Chine ou 1,89 % pour l'Inde et leur deux milliards d'habitants. Une anomalie rendue encore plus anachronique par le fait que ces économies émergentes ont relativement bien traversé la crise. Au début du mois, en marge d'une réunion des ministres des Finances du G20 à Londres, le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine (Bric) avaient appelé à réduire la part des économies les plus développées de 57 % à 50 %, pour marquer une forme de parité. Après la redistribution des droits de vote décidée hier, les pays développés et ceux en développement devraient avoir à peu près le même poids.Profitant des difficultés des pays riches, les grands émergents ont poussé l'avantage. Ils ont notamment conditionné un renforcement du mandat de surveillance du FMI à une meilleure représentation au sein du conseil d'administration. La Chine, la Corée du Sud et la Turquie devraient ainsi être les principaux bénéficiaires de ce rééquilibrage.« Les États-Unis [16,6 % des droits de vote] ne feront pas de sacrifices parce qu'ils sont sous représentés » au FMI, indique-t-on dans la délégation française. À l'inverse, les Européens, aujourd'hui surreprésentés, vont perdre des droits de vote. En revanche, une source française a fait état d'un « consensus assez large » du G20 contre la proposition de Washington de ramener de 24 à 20 le nombre de sièges au conseil d'administration du FMI. Washington souhaite notamment que l'Europe dispose d'une représentation unique. La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique disposent chacun d'une chaise. Les 52 pays du continent africain ne disposent que de deux chaises. Xavier Harel« Les États-Unis (16,6 % des droits de vote) ne feront pas de sacrifices parce qu'ils sont sous représentés »

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