Christine Lagarde présente la facture du conflit social

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La ministre de l'Économie a fait ses comptes. Lundi matin sur Europe 1, elle a évalué le coût des grèves et des blocages à un montant compris entre « 200 et 400 millions d'euros par jour ». C'est à peu près le même ordre de grandeur que lors des mouvements de 2007 lors du mouvement contre la réforme des régimes spéciaux, précise-t-on à Bercy. Pour réaliser cette évaluation, les services de Bercy se sont penchés sur les conséquences des deux principales caractéristiques de ce conflit, à savoir les dysfonctionnements des transports publics et la pénurie de carburants : perte de temps de travail pour les salariés, dépenses d'essence supplémentaires pour les ménages, qui les obligent à arbitrer dans leur budget.Si en termes de croissance, l'impact sur le PIB de ce type de mouvements sociaux est limité (lire « La Tribune » du 20 octobre) et devrait être rattrapé, les choses sont bien différentes au niveau des entreprises. L'Union des industries chimiques estime ainsi perdre 100 millions d'euros par jour et la Fédération nationale des travaux publics met en garde contre le risque de voir nombre de chantiers arrêtés. Au moment de régler l'addition, les PME et les TPE sont en première ligne : Bercy commence à recevoir des demandes de chômage partiel provenant de certaines d'entre elles. Ces entreprises - dont la trésorerie a été fragilisée par deux années de crise - ont les reins moins solides que les grands groupes. « Si cela dure plus de 10 ou 15 jours, on comptera les défaillances d'entreprises », témoigne Michael Zenèvre. Dirigeant de deux entreprises de conseil en communication dans les Vosges et en Lorraine, il considère que le conflit social a plusieurs conséquences pour lui. « D'abord, cela entrave notre développement commercial. J'ai dû demander à mes commerciaux de limiter leurs déplacements, ce sont désormais des commerciaux sédentaires ! Ensuite, nous commençons à avoir des problèmes avec les fournisseurs. Enfin j'anticipe que les transporteurs vont répercuter l'augmentation de leurs coûts sur notre entreprise ». Au final, Michael Zenèvre prévoit donc un recul de 30 % de son chiffre d'affaires sur toute la période du conflit. Anne Eveno

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