L'opposition allemande exige toujours plus de rigueur

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Lundi matin, le « Süddeutsche Zeitung » titrait à sa une : « L'État fédéral truque la réduction de la dette. » Sur ce ton peu amène, ce quotidien bavarois n'évoquait pas les comptes publics grecs, à l'instar de la presse allemande au printemps dernier, mais bien la politique budgétaire allemande. Après la banque centrale, la Bundesbank, c'est en effet au tour de la Cour fédérale des comptes, d'accuser le gouvernement fédéral de trucs pour éviter de réduire trop fortement ses dépenses budgétaires. Avec l'ancrage en 2009 dans la Constitution allemande, d'un « frein à la dette », le gouvernement fédéral ne doit afficher au maximum en 2016 qu'un déficit structurel de 0,35 % de son produit intérieur brut (PIB). Nicolas Sarkozy avait lui aussi déclaré au printemps vouloir ancrer dans la Constitution l'équilibre des comptes publics. La controverse actuelle en Allemagne porte non pas sur cet objectif, auquel Berlin entend se plier avec succès (son déficit public total doit passer probablement dès l'an prochain sous les 3 % du PIB), mais sur quelles étapes choisir pour y parvenir. La période de transition commençant avec le budget 2011, la base de calcul choisie pour le déficit structurel actuel est déterminante. Or le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, veut partir du niveau de déficit structurel de 53,2 milliards d'euros estimé en juin dernier. Mais les experts de la Bundesbank et de la Cour des comptes lui opposent un déficit structurel de seulement 40 milliards cette année, selon leurs estimations actualisées. Critique du SPDCe détail est lourd de conséquences : « si la coalition [chrétienne-démocrate libérale, Ndlr] n'adapte pas son plan de réduction du déficit à la réalité, elle se permet de pouvoir dépenser environ 60 milliards d'euros de plus sur le dos des générations futures », tempète l'écologiste Alexander Bonde. Jusqu'en 2016, le gouvernement fédéral pourrait en effet s'endetter de 240 milliards d'euros supplémentaires plutôt que de seulement 180 milliards, s'il choisissait un déficit structurel de départ plus bas. Cette critique au possible manque d'austérité de Wolfgang Schäuble vient de l'opposition sociale-démocrate (SPD) et écologiste, s'érigeant en gardiens du temple de la rigueur financière. Carsten Schneider, député SPD en charge du budget, accuse ainsi le ministre des Finances d'affaiblir « avec ses trucs sur le frein à dette » la position allemande en Europe. La Bundesbank n'est pas loin de dire la même chose : « la réfome des limites d'endettement en Allemagne a eu un écho positif dans l'Union européenne et vaut ainsi comme modèle pour la réforme des règles budgétaires nationales dans les autres États-membres » souligne la banque centrale. La Buba en fait même une des clés « du succès durable de la monnaie commune »...

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