Pékin relève ses taux pour geler l'inflation

La Chine accentue ses efforts pour lutter contre l'inflation, au plus haut depuis deux ans et demi. La banque centrale chinoise a augmenté samedi de 25 points de base son principal taux directeur (à 5,81 %) et celui sur les dépôts à un an (à 2,75 %), après sa première hausse des taux d'intérêt depuis trois ans décidée le 19 octobre dernier. À 5,1 % en novembre dernier, la hausse des prix (en rythme annuel, par rapport à novembre 2009) à la consommation a atteint son plus haut depuis août 2008. Il y a quelques jours, le vice-président de la Commission nationale du développement et des réformes (NDRC), Peng Sen, a indiqué que la Chine doit se préparer « à une bataille de longue durée » contre l'inflation, estimant que la hausse des prix devrait atteindre 3,3 % pour l'ensemble de 2010, dépassant le plafond de 3 % fixé par le gouvernement chinois.« responsabilités et confiance »Ce dimanche, le Premier Ministre chinois Wen Jiabao a lui-même voulu rassurer ses 1.330 millions de concitoyens sur la hausse des prix. « Les attentes d'inflation sont plus terribles que l'inflation elle-même », a-t-il dit en réponse à une question d'un auditeur lors d'une émission de la radio publique chinoise.« Je crois que nous pouvons maintenir les prix à un niveau raisonnable grâce à nos efforts. En tant que principal chef du gouvernement, j'en ai la responsabilité et la confiance » a précisé le numéro deux chinois.L'indice des prix grimpe notamment en raison du renchérissement des matières premières, dont la Chine est le premier importateur au monde (charbon, coton, fer...) ou le deuxième (pétrole, maïs).Mercredi dernier, la NDRC a annoncé une nouvelle hausse, d'environ 4 %, du prix de l'essence (à 0,23 yuan le litre soit environ 2,65 centimes d'euro) et du gazole (à 3 centimes d'euro environ) pour refléter partiellement l'augmentation du pétrole sur les marchés mondiaux (voir page 13). L'éxécutif chinois veut aussi renforcer ses mesures pour calmer le marché immobilier, les prix des maisons restant hors de portée des classes moyennes dans de nombreuses villes, comme Shenzhen.« Je crois que les prix immobiliers reviendront à des niveaux raisonnables grâce à nos efforts » a insisté le Premier ministre chinois, annonçant construire 10 millions de logement abordables en 2011, soit presque le double de l'objectif de cette année (5,8 millions de logements).Le ministre de l'Industrie, Li Yizhong annonce aussi un net ralentissement de l'activité : la production industrielle devant augmenter de seulement 11 % en 2011 (par rapport à cette année) après une hausse annuelle de 15 % en 2010.