Sur les déficits, l'Élysée ne parvient à aucun consensus avec les élus

Les trois coups de la conférence sur les déficits publics n'ont pas été frappés, mais le premier objectif de cette grand-messe qui se tient jeudi à l'Élysée est manqué. Dimanche, le ministre du Budget, Éric Woerth, déclarait que ce qui comptait, c'était d'avoir « une sorte de diagnostic partag頻 sur l'état des finances publiques. Mais après la décision de l'Association des régions de France (ARF) et de l'Association des départements de France (ADF) de bouder la rencontre (lire ci-dessous), le côté oecuménique de l'opération a du plomb dans l'aile.Pour Nicolas Sarkozy, ce boycott est un contretemps dont il se serait bien passé. En organisant cette rencontre sur les déficits à l'Élysée, le chef de l'État voulait faire collaborer l'État, la Sécurité sociale et les collectivités territoriales à une démarche forcément douloureuse de réduction de la dépense publique. Entre un déficit public attendu à 8,2 % du PIB cette année, un engagement de ramener la France dans les clous de Maastricht (3 %) en 2013 et la promesse de ne pas augmenter les impôts, le cap ne fait guère de doute : chacun va devoir se serrer la ceinture. Éric Woerth a déjà annoncé la couleur ; il faudra trouver 100 milliards d'euros d'ici à l'échéance de 2013. La moitié proviendrait des recettes générées par la croissance. Le gouvernement, qui estime que l'État, dont les dépenses ? hors plan de relance ? n'évoluent pas plus vite que l'inflation depuis trois ans, fait sa part du travail, et souhaiterait mettre un peu plus la pression sur la Sécurité sociale et les collectivités locales, pour qu'elles freinent aussi leurs dépenses.Limiter la hausseAinsi, pour l'assurance-maladie, Éric Woerth a-t-il évoqué l'idée de limiter la hausse des dépenses à 2 % par an au lieu des 3 % prévus en 2010. Mais ce sont surtout les collectivités territoriales qui sont dans le collimateur du gouvernement. Pourtant, leur contribution au déficit public (0,5 point) est très inférieure à celle de l'État (7,6 points) ou des organismes sociaux (1,9 point). Mais le gouvernement se dit préoccupé de la dynamique des dépenses de ces collectivités. Qualifiées de « galopantes » par Éric Woerth, elles progresseraient de 6 % par an. Le ministre du Budget caresse l'idée que soit fixé un objectif national de la dépense locale, laquelle représente 200 milliards sur les 1.000 milliards de la dépense publique. Également dans le viseur du gouvernement, la question des effectifs. L'État, qui affiche 34.000 suppressions de postes pour 2009, reproche aux collectivités territoriales de les augmenter de 47.000. Les collectivités répondent, quant à elles, que l'État accroît ses effectifs via les opérateurs publics. Le fait que la gauche gère vingt régions sur vingt-deux contribue enfin à envenimer ce dialogue de sourds. La perspective des élections régionales vient compliquer la donne. Après le scrutin, il sera peut-être plus facile de se retrouver.

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