Si la grenouille sautait par-dessus la voiture

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Savez-vous ce qu'on appelle aujourd'hui le « leap frog », littéralement le saut de la grenouille ? C'est ce phénomène qui voit les pays émergents rattraper leur retard en matière d'infrastructures et de technologies en sautant une génération de produits pour se doter directement des plus modernes. C'est ainsi que la Chine passe d'un coup de ses antiques locomotives aux TGV, sans acheter ou produire des trains plus classiques. Ou que l'Afrique se pourvoit massivement en téléphones portables sans s'être équipée de combinés fixes, faute de réseaux de fils de cuivre. Alors que l'Occident passe par des mutations progressives, voire lentes, écartelé entre le désir d'optimiser ses systèmes existants et depuis longtemps amortis et l'envie de se doter de la nouvelle génération de matériel au prix de coûteux investissements. Mais ce « leap frog » des émergents pourrait prendre des tours inattendus. Ainsi, l'on voit certaines grandes cités en plein développement voire des États entiers, inquiets des conséquences d'embouteillages monstres et des dégagements de CO2 dus à l'essor de l'automobile sur leur territoire, s'interroger sur la façon d'éviter cette étape « voiture », au moins en partie. Par exemple en ne construisant pas de parkings autour des aéroports pour n'encourager leur desserte que par des transports en commun, parfois ultrarapides, jusqu'au coeur de la cité voisine. D'autres vont même jusqu'à envisager de se passer de réseaux d'autoroutes - on est loin de la France-, pour ne laisser se développer que les liaisons aériennes et ferroviaires. Mais il leur faudra, pour cela, faire taire les rêves de leurs citoyens enrichis par la croissance d'afficher leur aisance nouvelle via la détention de voitures, statutaires à leurs yeux. oprovost@latribune.f

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