Fusions-acquisitions  : un réveil très laborieux

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Les fusions-acquisitions peinent à redémarrer. Très corrélées à la conjoncture économique, elles restent elles aussi atones. Au premier semestre, le volume de transaction au niveau mondial a stagné à 976 milliards de dollars par rapport à la même période de 2009, l'année la plus faible depuis cinq ans, selon les données de ThomsonReuters. À l'automne, les banquiers étaient gonflés d'optimisme pour 2010 alors que les indices boursiers venaient de progresser de 50 %. Mais l'année semble déjà ratée. Le marché européen a reculé de 23 % à 227 milliards de dollars et signe sa troisième année consécutive de baisse. De leur côté, les États-Unis et l'Asie n'ont réussi qu'à stabiliser leurs transactions à respectivement 358 et 186 milliards de dollars. La situation européenne demeure délicate. Les inquiétudes entourant les dettes des États et la mise en place des politiques de rigueur vont continuer à peser sur l'économie pendant des mois. Les banques d'affaires s'attendent encore à une année 2011 difficile sur le Vieux Continent. « Le redémarrage des fusions-acquisitions sera progressif en raison du poid des incertitudes macro économiques », explique Alban de la Sablière, responsable des fusions-acquisitions chez Morgan Stanley. Récemment, les tensions sur les marchés interbancaires ont réveillé les craintes des banquiers et des entreprises. « Celles-ci ne sont pas découragées, mais elles veillent à leur financement », ajoute Olivier Barret, co-responsable de la banque d'affaires chez Credit Suisse. Ce qui génère hésitation et attentisme. Malgré cela, tous les banquiers assurent que les dialogues stratégiques s'intensifient avec les entreprises, notamment vers l'Asie. Mais ces mouvements prendront du temps. « Les dirigeants ont des projets ambitieux mais les conseils d'administration sont prudents pour le moment », constate Séverin Brizay, en charge des fusions-acquisitions chez JP Morgan. Ils méditent l'échec du projet de rachat des activités asiatiques d'AIG par Prudential, qui aurait constitué une opération emblématique. Manque un déclic pour relancer le marché. Car « après 18 mois de prudence, les entreprises ne peuvent pas attendre davantage. Elles doivent mettre en oeuvre leur stratégie et donc reprendre les acquisitions », conclut Jérôme Calvet, coprésident de Nomura France. Matthieu Pechberty

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