Paris voyage

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De Paris à Mexico, en passant par Varsovie, Budapest, Stockholm et Rome. Embarquement immédiat pour un tour du monde... en métro. La faute aux instituts culturels étrangers de la capitale qui ont répondu présent à l'appel du Mois de la photo pour présenter aux Parisiens les photographes de leur pays, croisant ainsi l'histoire et celle du médium dans une balade des plus dépaysantes.Première escale à l'Instituto Cultural de Mexico, pays qui a donné certains des plus grands artistes du XXe siècle. Frida Kahlo bien sûr, mais aussi Manuel Álvarez Bravo (1902-2002), l'un des fondateurs de la photographie moderne, dont la célèbre et sensuelle image baptisée « la Bonne Renommée endormie » (1938-1939) a longtemps été considérée comme l'un des emblèmes du surréalisme.Mais la gloire d'Álvarez Bravo a fait de l'ombre aux autres grands photographes mexicains avant-gardistes de son temps. Comme lui, eux aussi surent pourtant capter la fantaisie de la culture de leur pays. En témoigne cette exposition qui présente les photos de « Don Manuel », comme l'appelait son ami Henri Cartier-Bresson, aux côtés de celles de ses contemporains Agustin Jimenez ou Luis Marquez qui firent également de leur pays un studio à ciel ouvert.L'Italien Mario Giacomelli aussi a toujours travaillé chez lui. Il n'a même jamais quitté son village natal des Marches qui devient, dès 1953, son sujet de prédilection. Il immortalise les vieillards de l'hospice où travaille sa mère, les paysages - photographiés au flash pour obtenir des tirages sombres et contrastés sur lesquels les labours des champs apparaissent comme autant de cicatrices. Sans oublier ses prêtres, dansant dans la neige. Il y a toujours dans les photos de Giacomelli une part de rêve. Qui peut très vite tourner au cauchemar. Surréaliste à ses débuts, Herbert List (1903-1975) n'eut pas la chance de pouvoir exercer son métier chez lui. Chassé de son pays par les lois antisémites de Nuremberg, il s'exila entre Paris, Londres, l'Italie et la Grèce. C'est là qu'il réalisa ses plus belles images. Comme celle de ce fier dalmatien saisi sur la plage de Portofino aux côtés de son maître dont on aperçoit à peine les jambes.Reste à savoir, aujourd'hui, de quel côté peut bien se nicher la modernité. Aux Pays-Bas, assurément comme le rappelle l'Institut néerlandais avec l'exposition consacrée à Ellen Kooi. Cette dernière interroge elle aussi le surréalisme et donne aux paysages bataves un aspect féerique. Les pays scandinaves ont également leur mot à dire lorsqu'il s'agit de modernité. Tel Krass Clement auquel le Centre culturel danois rend hommage à travers une rétrospective rassemblant plusieurs séries dont la plus récente qui raconte les changements opérés au Danemark ces dernières années.Mais c'est peut-être la Roumanie qui nous offre la plus grande surprise de ce Mois de la photo. Ses photographes, présentés au Centre culturel roumain, sont encore inconnus en France mais ne devraient pas le rester très longtemps. De quoi préparer comme il se doit la prochaine édition du salon Paris Photo (du 18 au 21 novembre), dont l'Europe centrale est l'invitée d'honneur.Yasmine You

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