Le tout petit moral des Français fragilise les espoirs de reprise

Le miracle n'a pas eu lieu. En baisse continue depuis janvier, l'indice synthétique de l'Insee mesurant le moral des ménages s'est encore détérioré en juin. Il a cédé un point, pour atteindre un plancher depuis mai 2009. Les performances des Bleus en Afrique du Sud n'auront rien arrangé... Plusieurs sujets d'inquiétude tracassent les ménages. Pour Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank, c'est le niveau de leur pouvoir d'achat qui les soucie le plus. « La pression à la baisse sur les salaires et le retour des tensions inflationnistes ne sont vraiment pas de nature à les rassurer », explique-t-il.Dans ce contexte, les ménages redoutent de voir leur niveau de vie reculer prochainement. « Cette crainte est liée au débat sur la rigueur, débat qui couvre d'ailleurs celui des retraites. A ce titre, cette baisse de moral confirme que le débat a été globalement mal posé », estime Nicolas Bouzou chez Asteres. L'idée selon laquelle il faut choisir entre croissance et rigueur serait particulièrement anxiogène pour les ménages, selon l'économiste.Ce n'est malheureusement pas tout. Alors que la montée du taux de chômage semble terminée, que les destructions et les créations de postes dans le secteur marchand s'équilibrent à peu près, les ménages craignent toujours de perdre leur emploi.épargne de précautionCette peur de l'avenir a évidemment des conséquences macro-économiques. Comme le gouvernement, les Français font le choix de la rigueur. Résultat, ils devraient restreindre leur consommation et s'attacher à gonfler encore un peu plus leur épargne de précaution. Pour mémoire, l'encours d'assurance-vie en France a bondi de 10% en 2010 pour s'établir à 1.234 milliards d'euros ! Une mauvaise nouvelle pour la croissance. « Pour 2010, il faudra donc tirer une croix sur une contribution digne de ce nom de la consommation à la croissance. C'est dommage, puisque cette composante a assuré à elle seule entre 50 % et 100 % de l'expansion économique de la France depuis près d'une décennie », regrette Alexander Law chez Xerfi. Fabien Piliu

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